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Guide · Risques

Retrait-gonflement des argiles : comprendre le phénomène

Premier risque naturel pour les maisons individuelles en France, le retrait-gonflement des argiles tient à une propriété simple : certaines argiles changent de volume avec l'eau.

Lecture : 2 minMis à jour le 10 octobre 2026

Gros plan d’une tarière portant du matériau clair, à côté de la machine sur l’herbe
Détail d’une tarière après remontée. Photographie Solintek.

Le phénomène

Une argile est faite de minéraux en feuillets très fins. Certains d’entre eux, comme les smectites, peuvent absorber de l’eau entre leurs feuillets et gonfler, puis la perdre et se rétracter. Le volume du sol varie alors avec sa teneur en eau.

Sous une maison, ce phénomène pose problème parce qu’il est inégal :

  • le sol sous le centre de la maison, protégé, varie peu ;
  • le sol sous les bords et les angles, exposé au soleil, au vent et aux racines, sèche davantage en été ;
  • un arbre proche pompe l’eau du sol sur un rayon qui peut dépasser sa hauteur ;
  • une fuite ou une descente d’eau mal évacuée détrempe un point précis.

La maison subit des mouvements différentiels : les fissures apparaissent, souvent en escalier ou en oblique, près des angles et des ouvertures.

Où se trouve le risque

Les argiles sensibles se trouvent dans de nombreuses formations : argiles vertes et marnes du Bassin parisien, argiles des Flandres, marnes de Lorraine et de Bourgogne, argiles de Sologne et de Bresse, argiles à silex de Normandie. La carte nationale classe le territoire en quatre catégories d’exposition, de forte à résiduelle. Elle a été refaite par l’arrêté du 9 janvier 2026, applicable depuis le 1er juillet 2026.

Le coût

Selon le ministère de la Transition écologique, les sinistres liés au retrait-gonflement des argiles coûtent désormais environ 1,5 milliard d’euros par an sur la période 2018 à 2022, contre 375 millions par an sur 1995 à 2015, pour un coût moyen de l’ordre de 16 500 euros par sinistre. Les sécheresses de 2003, 2018, 2019, 2020 et 2022 ont fait l’objet de très nombreux arrêtés de catastrophe naturelle.

Ce que dit la réglementation

En zone d’exposition moyenne ou forte :

  • à la vente d’un terrain à bâtir, le vendeur fournit une étude géotechnique préalable (G1) ;
  • pour construire une maison, le constructeur suit une étude de conception (G2) ou applique des techniques particulières : fondations ancrées à 1,20 m au moins en zone forte, 0,80 m en zone moyenne, structure rigidifiée, gestion des eaux, distance aux arbres ;
  • à l’achèvement, une attestation de prise en compte du risque est jointe à la déclaration d’achèvement des travaux, depuis le 1er janvier 2024.

Le détail est dans notre guide de la loi ELAN.

Les trois guides sur les argiles

Pour aller plus loin : la nouvelle carte de juillet 2026, le diagnostic après sécheresse.

Rédaction Solintek. Mise à jour le 10 octobre 2026.

Illustration

Ce que la sécheresse fait à une maison sur argile

Illustration en coupe : maison sur semelles superficielles dans une argile, à côté d’un grand arbre dont les racines s’étendent sous la maison. L’argile desséchée autour des racines présente des fissures de retrait en surface ; le coin de la maison le plus proche de l’arbre a tassé et sa façade porte une fissure en escalier.
Illustration En période sèche, les racines assèchent l’argile : la semelle superficielle tasse et la façade se fissure. © Solintek, illustration.

Argiles

Pourquoi l’argile fissure les maisons

Une même maison, en hiver et en été sec : le sol ne se dessèche pas partout au même rythme, et c’est ce mouvement différentiel qui fissure les murs.

Le retrait-gonflement des argiles sous une maison, en hiver et en été sec Deux coupes de la même maison, fondée à 60 centimètres dans une argile sensible. À gauche, en hiver, la pluie humidifie le sol : l’argile se gorge d’eau et gonfle légèrement, de façon à peu près uniforme. À droite, en été sec, le sol se dessèche par la surface, surtout en périphérie de la maison et autour des racines d’un arbre proche ; sous le centre de la maison, il reste humide. L’argile se rétracte là où elle sèche : le bord de la maison descend plus que son centre, et une fissure en escalier s’ouvre dans le mur. C’est ce mouvement différentiel, répété d’une saison à l’autre, qui fissure les maisons. © Solintek, schéma original. HIVER : SOL HUMIDE L’argile se gorge d’eauet gonfle légèrement. sol desséché reste humide fissure en escalier ÉTÉ SEC : SOL DESSÉCHÉ L’argile se rétracte d’aborden périphérie et près de l’arbre. 0,60 m Argile sensible © Solintek
Schéma de principe Deux coupes de la même maison, fondée à 60 centimètres dans une argile sensible. À gauche, en hiver, la pluie humidifie le sol : l’argile se gorge d’eau et gonfle légèrement, de façon à peu près uniforme. À droite, en été sec, le sol se dessèche par la surface, surtout en périphérie de la maison et autour des racines d’un arbre proche ; sous le centre de la maison, il reste humide. L’argile se rétracte là où elle sèche : le bord de la maison descend plus que son centre, et une fissure en escalier s’ouvre dans le mur. C’est ce mouvement différentiel, répété d’une saison à l’autre, qui fissure les maisons. © Solintek, schéma original.

Loi ELAN

Lire l’exposition aux argiles à son adresse

La catégorie d’exposition, faible, moyenne ou forte, décide de ce qu’impose la loi à la vente d’un terrain et à la construction d’une maison.

Lire l’exposition aux argiles à son adresse, et ce qu’elle impose À gauche, un extrait de carte fictif, comme celui de Géorisques : le territoire d’une commune est partagé en zones d’exposition faible, moyenne et forte au retrait-gonflement des argiles, et une parcelle est repérée en zone forte. À droite, ce que chaque catégorie impose depuis la loi ELAN : en exposition faible, rien ; en exposition moyenne ou forte, le vendeur d’un terrain constructible fournit une étude géotechnique préalable G1, et la construction d’une maison suit une étude de conception G2 ou des techniques particulières, avec des fondations d’au moins 0,80 mètre en exposition moyenne et 1,20 mètre en exposition forte. La carte en vigueur s’applique depuis le 1er juillet 2026. © Solintek, schéma original. votre terrain exposition faible exposition moyenne exposition forte EXTRAIT DE CARTE FICTIF 100 m CE QU’IMPOSE LA CATÉGORIE Exposition Vendre un terrain constructible Faire construire une maison Faible Pas d’obligation Pas d’obligation Moyenne Étude G1 fournie Étude G2, ou fondations à 0,80 m Forte Étude G1 fournie Étude G2, ou fondations à 1,20 m Fondations : avec les autres techniques particulières (structure rigidifiée, eaux pluviales, arbres), si l’on ne suit pas d’étude G2. Carte d’exposition en vigueur depuis le 1er juillet 2026 (arrêté du 9 janvier 2026), consultable à l’adresse sur Géorisques. © Solintek
Schéma de principe À gauche, un extrait de carte fictif, comme celui de Géorisques : le territoire d’une commune est partagé en zones d’exposition faible, moyenne et forte au retrait-gonflement des argiles, et une parcelle est repérée en zone forte. À droite, ce que chaque catégorie impose depuis la loi ELAN : en exposition faible, rien ; en exposition moyenne ou forte, le vendeur d’un terrain constructible fournit une étude géotechnique préalable G1, et la construction d’une maison suit une étude de conception G2 ou des techniques particulières, avec des fondations d’au moins 0,80 mètre en exposition moyenne et 1,20 mètre en exposition forte. La carte en vigueur s’applique depuis le 1er juillet 2026. © Solintek, schéma original.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?

Certaines argiles absorbent l'eau et gonflent, puis la perdent et se rétractent. Sous une maison, ces variations de volume, inégales d'un point à l'autre, font travailler les fondations et fissurent les murs.

Quelle part du territoire est concernée ?

Selon le ministère de la Transition écologique, 55 % du territoire hexagonal est en exposition moyenne ou forte depuis la carte de 2026, contre 48 % sur la carte de 2020. Ces zones concernent 12,1 millions de maisons individuelles existantes, dont 4 millions en exposition forte. Sources : Géorisques ; ministère de la Transition écologique, 9 juin 2026.

Le phénomène touche-t-il les maisons anciennes ?

Oui, et souvent davantage : leurs fondations sont généralement peu profondes, dans la tranche de sol qui varie avec les saisons.

Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

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