Étape 1 : documenter les désordres
Dès l’apparition des fissures : photos datées avec une règle pour l’échelle, repères posés en travers des fissures, note des portes qui frottent, des dallages qui bougent. Ne rebouchez pas.
Étape 2 : la reconnaissance de catastrophe naturelle
La mairie dépose une demande de reconnaissance auprès de la préfecture, souvent à partir des signalements des habitants. L’État statue par arrêté interministériel, publié au Journal officiel. Signalez vos désordres à la mairie si une demande est en cours.
Étape 3 : la déclaration à l’assureur
Après la publication de l’arrêté, déclarez le sinistre à votre assureur habitation au plus tard trente jours après sa parution au Journal officiel (loi du 28 décembre 2021). Joignez photos, chronologie, et tout document utile (étude de sol de la construction, factures de travaux).
Étape 4 : l’expertise
L’assureur mandate un expert, qui visite la maison et peut demander des investigations géotechniques. Le propriétaire peut se faire assister par son propre expert ou s’appuyer sur un diagnostic G5 qu’il commande.
Depuis le 1er janvier 2025, le décret n° 2024-1101 du 3 décembre 2024 encadre ces expertises : indépendance et compétence de l’expert mandaté par l’assureur, contenu du rapport et délais (articles R. 125-8 à R. 125-11 du code des assurances).
Étape 5 : le diagnostic géotechnique G5
Il établit le mécanisme : fouilles au pied des murs pour voir la fondation, sondages et prélèvements pour mesurer l’argile, lecture des fissures et de la végétation. Il dit si la sécheresse est la cause déterminante, ou si d’autres facteurs ont joué (fondations insuffisantes, fuite, arbre). Voir le diagnostic G5.
Étape 6 : les réparations
Selon le diagnostic :
- mesures d’accompagnement : gestion des eaux, écran anti-racines, trottoir périphérique ;
- renforcement localisé : reprise d’un angle ;
- reprise en sous-œuvre générale : micropieux, plots ou injections, qui demande une étude de conception.
Réparer les fissures sans traiter la cause conduit souvent à les voir réapparaître au prochain été sec.
Pour les sinistres survenus depuis le 1er janvier 2024, l’ordonnance du 8 février 2023 et le décret n° 2024-82 du 5 février 2024 ont changé deux règles : la garantie vise les dommages qui affectent la solidité du bâti ou empêchent son usage normal, et l’indemnité doit financer la réparation effective préconisée par l’expert. Un diagnostic qui distingue les désordres structurels des fissures esthétiques prend donc tout son poids.
Les chiffres
Selon le ministère de la Transition écologique, les sinistres liés aux argiles coûtent environ 1,5 milliard d’euros par an sur la période 2018 à 2022, pour un coût moyen de l’ordre de 16 500 euros par sinistre.
Pour aller plus loin : les fissures de maison, les gestes sur sol argileux, le prix du diagnostic G5.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 10 octobre 2026.
Sources et références :
- Code des assurances, régime des catastrophes naturelles (articles L. 125-1 et suivants)
- Ministère de la Transition écologique
- Géorisques, arrêtés de catastrophe naturelle