L’injection sous les fondations consiste à forer sous une semelle et à y injecter un matériau qui améliore le sol d’assise. Le guide du ministère sur le retrait-gonflement des argiles (septembre 2025) en décrit deux variantes : la résine expansive, qui comble les vides du sol argileux à proximité et sous les fondations, et le coulis de ciment, qui conforte le sol d’assise ou le sol sous un dallage en se diffusant dans les vides. Dans les deux cas, selon ce guide, les injections peuvent descendre jusqu’à 7 m de profondeur.
C’est une reprise en sous-œuvre au même titre que les plots ou les micropieux : voir la reprise en sous-œuvre pour l’ensemble des techniques et l’enchaînement des études.
Deux résines à ne pas confondre
Le mot « résine » désigne deux interventions sans rapport.
| Résine injectée dans la fissure | Résine expansive injectée sous la fondation | |
|---|---|---|
| Ce qu’elle traite | Le mur, pour refermer la fissure | Le sol, pour stabiliser l’appui |
| Quand | Après traitement de la cause et stabilisation, selon le ministère | Quand le diagnostic a établi que le sol d’assise doit être amélioré |
| Préalable | Lecture et suivi de la fissure | Diagnostic de la cause, étude du sol et de la structure |
| Voir | L’agrafage d’une fissure | Ce guide |
Comment se déroule une injection sous fondation
Le guide du ministère décrit deux étapes : la réalisation de forages sous les fondations, puis l’injection contrôlée du matériau de renforcement. L’Ifsttar (2017) parle d’un réseau de forages de petit diamètre et de résines « plus ou moins expansives ».
L’intérêt mécanique, selon l’Ifsttar, est de conserver le fonctionnement de la semelle sur des appuis répartis de façon uniforme : on ne crée pas de points d’appui isolés, comme avec des plots ou des micropieux, qu’il faut ensuite relier à l’existant par des longrines.
Où elle convient, où elle ne suffit pas
Les deux guides publics posent des limites nettes.
- Des désordres limités, un sol peu gonflant. Le guide de l’Ifsttar présente ce traitement comme parfois réalisé lorsque les désordres sont limités et que les sols d’assise ne sont pas très sensibles au gonflement.
- Pas de fortes variations d’eau. Le guide du ministère juge la technique moins adaptée aux sols sujets à de fortes variations hydriques, et indique qu’elle peut nécessiter un drainage en complément.
- Une efficacité variable. L’Ifsttar écrivait en 2017 que l’efficacité dépend de la structure et de la compacité du sol en place, et que la collectivité ne disposait pas encore d’un retour d’expérience sur la tenue des injections dans le temps, ni sur leurs effets sur la circulation des eaux superficielles.
- Une reprise localisée possible. Le ministère note qu’elle peut servir à une reprise limitée à la zone sinistrée.
Elle ne traite pas, à elle seule, la cause. Un arbre qui continue d’assécher le sol, une fuite ou des eaux pluviales mal évacuées continuent d’agir après l’injection. Le guide du ministère demande de rechercher en priorité les solutions qui agissent autour de la maison : voir réparer une fissure.
Ce qu’une étude doit établir avant
Avant de comparer des devis d’injection, quatre questions doivent avoir une réponse.
- La cause des désordres. Sol argileux, remblai, fuite, végétation, défaut de construction : le guide de l’Ifsttar rappelle que d’autres causes se confondent avec les argiles. C’est l’objet du diagnostic G5.
- La sensibilité du sol au gonflement. Elle se mesure par des essais en laboratoire, que l’Agence Qualité Construction (fiche A.02) cite pour reconnaître le potentiel de gonflement d’une couche argileuse. C’est le critère même que retient l’Ifsttar. Voir le retrait-gonflement des argiles.
- L’épaisseur de sol qui bouge. Selon la fiche A.02, une sécheresse estivale normale modifie la teneur en eau sur environ 1 à 1,50 m de profondeur, et jusqu’à 2 à 4 m quand l’épisode se prolonge. L’étude situe cette zone sous la maison, et dit si le traitement envisagé la couvre.
- L’eau. Nappe, circulations, réseaux : le ministère signale qu’un drainage peut être nécessaire.
Le guide du ministère ajoute un préalable valable pour toutes les solutions verticales : une étude de la structure de la maison, par un bureau d’études structure par exemple.
Solintek réalise le diagnostic et l’étude du sol. Nous ne réalisons ni travaux d’injection ni calcul de structure.
Avis Technique et garantie : ce qu’il faut lire
Dans son tableau des solutions verticales, le guide du ministère donne pour la durabilité des injections une seule indication : « selon l’Avis Technique du procédé ».
Le CSTB décrit l’Avis Technique comme l’avis d’un groupe d’experts sur l’aptitude à l’emploi d’un procédé innovant, c’est-à-dire non traditionnel. Il est demandé volontairement et délivré par une commission rattachée au ministère chargé de la construction, dont le CSTB assure le secrétariat ; les avis se consultent sur les bases de données du CSTB. Le CSTB précise que les contrôleurs techniques reconnaissent les Avis Techniques, et les Appréciations techniques d’expérimentation favorables, comme référentiels de contrôle pour les techniques non traditionnelles.
Devant un devis, vérifiez donc :
- le procédé a-t-il un Avis Technique, ou une Appréciation technique d’expérimentation favorable, et cette évaluation est-elle en cours de validité à la date des travaux ;
- son domaine d’emploi couvre-t-il votre cas : nature du sol, profondeur, type de fondation ;
- ce que dit la garantie commerciale : ce qui est garanti (arrêt des tassements, absence de nouvelles fissures, reprise des injections), pendant combien de temps, à quelles conditions, et qui constate un échec ;
- l’attestation d’assurance de l’entreprise, et l’activité qu’elle couvre.
Lisez la garantie avec le diagnostic en main : si elle exclut les effets de la végétation ou de l’eau, elle ne couvre pas ce que le diagnostic a désigné comme la cause.
Coûts publiés
| Source | Travaux | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Guide du ministère (septembre 2025) | Injections sous les fondations | environ 30 000 € hors taxes |
| Ifsttar, guide 3 (2017), coûts moyens 2015 hors taxes, maison d’environ 100 m² au sol | Injection et brochage des dallages en rive de l’ouvrage (traitement du dallage, pas des fondations) | 6 000 à 12 000 € |
| Géorisques (consulté le 28 octobre 2026) | Solutions verticales, injection de résine comprise | environ 44 000 €, jusqu’à 76 000 € |
Le guide du ministère rattache son montant à l’Ifsttar (2017) ; la liste de coûts de ce guide ne le comporte pas. Géorisques résume : quand des reprises en sous-œuvre, micropieux ou injections de résine, sont nécessaires, les coûts peuvent se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Les prix de nos études sont sur la page du diagnostic G5.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 28 octobre 2026.
Sources et références :
- Ministère de la Transition écologique (DGALN), Mesures de prévention, d'adaptation et de remédiation du phénomène RGA, septembre 2025, fiche 10 et tableau 6.2
- Ifsttar, Retrait et gonflement des argiles, guide 3 : analyse et traitement des désordres créés par la sécheresse, juillet 2017
- CSTB, l'évaluation : Avis Technique et Appréciation technique d'expérimentation, consulté le 28 octobre 2026
- Agence Qualité Construction, fiche pathologie A.02, mouvements de fondations de maisons individuelles, édition 2026
- Géorisques, dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles, consulté le 28 octobre 2026