L’agrafage, ou couturage, consiste à « coudre » une fissure au moyen d’agrafes métalliques scellées dans l’élément porteur, de part et d’autre de la fissure. Le guide de l’Ifsttar sur les désordres dus à la sécheresse (2017) y ajoute une armature qui recouvre la fissure et un mortier sans retrait. Le guide du ministère sur le retrait-gonflement des argiles (septembre 2025) cite la pose d’agrafes métalliques, avec l’injection de résine, parmi les façons de refermer les fissures, avant une finition par enduit.
Ce guide ne décrit pas la mise en œuvre, qui relève de l’entreprise. Il aide à savoir si et quand agrafer.
Ce que l’agrafage fait, et ce qu’il ne fait pas
Selon le guide du ministère, la réparation des fissures vise à restaurer l’esthétique et l’étanchéité d’une structure touchée par des mouvements de sol. L’Agence Qualité Construction (fiche B.03) rappelle qu’une fissure structurelle peut être traversante et laisser entrer l’eau : la refermer protège donc aussi le mur.
Ce que l’agrafage ne fait pas : agir sur le sol, ni sur les fondations. Si la fissure vient d’un sol argileux qui sèche sous un angle de la maison, d’un arbre trop proche ou d’une fuite, la cause reste en place après les agrafes. Le guide du ministère est explicite : la réparation des fissures n’est à considérer qu’une fois le traitement de la cause des désordres réalisé.
Quand agrafer sert
Trois conditions ressortent des sources.
- La cause est connue et traitée. C’est la condition que pose le guide du ministère. Selon le cas, ce traitement est léger (arbre, gouttière, réseau qui fuit) ou lourd (reprise en sous-œuvre) : voir réparer une fissure.
- La fissure est stabilisée. Le guide de l’Ifsttar, dans son tableau des limites d’utilisation, indique que la réparation des fissures est « à n’entreprendre qu’après stabilisation de la structure ». Il ajoute que lorsque les fissures sont quasiment stabilisées, d’après les constats ou une observation sur plusieurs saisons, les travaux peuvent se limiter au traitement des fissures, sans conforter l’ouvrage.
- La fissure a été évaluée. Le ministère place en tête des conditions de mise en œuvre l’évaluation des fissures : superficielles ou profondes, esthétiques ou structurales.
Quand agrafer est inutile
- La fissure bouge encore. Le guide de l’Ifsttar décrit des fissures liées aux argiles qui s’agrandissent en période sèche et peuvent se refermer en période humide : une fissure qui paraît fermée en hiver n’est pas pour autant stabilisée. Pour savoir où en est la vôtre, il faut des relevés sur plusieurs saisons : voir le témoin de fissure.
- Les fondations viennent d’être reprises. Le ministère prévient que la réparation immédiate des fissures après des travaux de fondation risque d’être inefficace si le bâtiment subit encore des ajustements. Il évoque une mise en charge de 12 à 24 mois après des micropieux ou des plots ; l’Ifsttar préconise au moins un an.
- La fissure est superficielle. Une fissure qui reste dans l’enduit ne demande pas d’agrafes. L’Ifsttar admet un simple rebouchage, avec parfois une reprise du revêtement extérieur et des peintures, quand la cause a pu être facilement supprimée. Géorisques précise : avec un enduit souple, une fois l’état hydrique du sol revenu à l’équilibre.
D’abord lire la fissure
Toutes les fissures structurelles ne viennent pas du sol. La fiche B.03 de l’AQC en liste plusieurs causes propres au mur : le retrait du mortier de pose juste après la construction, des matériaux qui réagissent différemment à la chaleur et à l’humidité, la flexion d’un plancher qui fissure la façade sous son appui, des chaînages absents ou mal exécutés, des appuis et linteaux de fenêtres mal réalisés. Elle cite enfin la perte d’assise des fondations, qui fait apparaître des fissures au droit des joints de la maçonnerie et renvoie aux fiches sur les mouvements de fondations.
Cette distinction décide de la suite. Une fissure de structure sans lien avec le sol relève d’un bureau d’études structure ou d’un expert du bâtiment. Une fissure qui traduit un mouvement des fondations relève d’abord d’un diagnostic du sol : voir le diagnostic G5. Pour décrire ce que vous voyez, lisez lire une fissure ; pour la forme la plus fréquente, la fissure en escalier.
Agrafage et assurance
Dans le modèle de rapport que doit suivre l’expert d’assurance pour un sinistre lié aux argiles (arrêté du 24 janvier 2025), le sinistre est classé en cinq catégories. La deuxième est le « traitement des fissures et éventuellement des facteurs sinistrants » ; la troisième, la nécessité de réparer les fondations ou les structures ; la quatrième, celle de créer des fondations spéciales ou de stabiliser le sol. Le rapport distingue donc lui aussi la réparation de la fissure de celle de sa cause. Pour la procédure, voir le parcours d’un sinistre sécheresse.
Le coût
Aucune des sources publiques consultées ne chiffre l’agrafage. Le guide du ministère classe la réparation des fissures en estimation « sur devis », une estimation ne reflétant pas, selon lui, la réalité du coût des travaux. Les ordres de grandeur publiés pour les autres réparations, des plus légères aux reprises en sous-œuvre, sont réunis dans réparer une fissure.
Qui fait quoi
- Lire et suivre la fissure : le propriétaire peut commencer, avec des relevés datés.
- Dire pourquoi elle s’est ouverte : le géotechnicien pour le sol et les fondations, le bureau d’études structure pour le bâti, l’expert d’assurance dans le cadre d’un sinistre, les trois interlocuteurs que le guide du ministère cite pour le diagnostic. Pour la réparation des fissures, sa fiche cite l’architecte, le bureau d’études géotechnique et le bureau d’études structure.
- Agrafer : une entreprise, une fois la cause traitée et la fissure stabilisée.
Solintek intervient sur la deuxième étape, pour le sol et les fondations. Les prix de nos études sont sur la page du diagnostic G5.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 28 octobre 2026.
Sources et références :
- Ministère de la Transition écologique (DGALN), Mesures de prévention, d'adaptation et de remédiation du phénomène RGA, septembre 2025, fiche 16
- Ifsttar, Retrait et gonflement des argiles, guide 3 : analyse et traitement des désordres créés par la sécheresse, juillet 2017
- Agence Qualité Construction, fiche pathologie B.03, fissures structurelles des murs extérieurs de maisons individuelles, édition 2026
- Arrêté du 24 janvier 2025 définissant le modèle de rapport d'expertise (retrait-gonflement des argiles), annexe 1, JO du 9 février 2025
- Géorisques, dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles, consulté le 28 octobre 2026