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Mission géotechnique

Diagnostic des fondations existantes : savoir sur quoi repose le bâtiment

Avant d'ajouter un étage, d'accoler une extension ou de réparer, il faut connaître des fondations que personne n'a vues depuis leur construction. C'est l'objet de ce diagnostic.

Mission
Diagnostic des fondations existantes
Intervention
France métropolitaine, hors Corse et outre-mer
Devis
Ferme, après lecture du dossier
Fouille ouverte au pied d’un mur, montrant la partie enterrée de l’ouvrage
Observation au droit d’un ouvrage existant. Photographie Solintek.

En bref

  • But : connaître la nature, la profondeur et l’état des fondations d’un bâtiment, et le sol qui les porte.
  • Quand : avant une surélévation, une extension accolée, un sous-sol creusé, un changement d’usage, l’achat d’un bâtiment ancien, une construction en limite de propriété, ou après des désordres.
  • Comment : fouilles au pied des murs, sondages au droit ou à proximité, essais si nécessaire.
  • Ce qu’on reçoit : un relevé des fondations, la coupe du sol, une appréciation de leur capacité et des recommandations.
  • Prix : voir le prix du diagnostic des fondations existantes.

Pourquoi le faire

Les plans d’origine sont rarement disponibles, et quand ils le sont, ils disent ce qui était prévu, pas ce qui a été construit. Dans le bâti ancien, le guide de l’Ifsttar sur les désordres des maisons (2017) décrit des fondations en maçonnerie élargies par encorbellements successifs jusqu’à la largeur du mur, dont la base se situe en général vers 0,5 m de profondeur, sauf quand un mauvais sol a imposé de descendre. La technique a évolué ensuite : maçonnerie posée sur un béton de propreté, puis remplacée sous le terrain par du béton armé. Avant de demander davantage à un bâtiment, il faut savoir lequel de ces cas on a sous les pieds.

Dans la norme NF P 94-500, ce travail est un diagnostic G5 : selon Syntec-Ingénierie, la mission G5 étudie l’influence d’un élément géotechnique précis sur un projet ou un ouvrage existant, et c’est elle qui s’applique quand on étudie un ouvrage pris séparément du projet. Voir aussi la G5.

Fouilles et sondages au droit des murs

  1. L’analyse des documents : plans, permis, rapports antérieurs, désordres connus, puis l’observation du bâtiment et de ses abords (pente, eau, arbres, réseaux).
  2. Le choix des points : au pied des murs les plus chargés, de ceux que le projet sollicite, et des zones fissurées ; un point ne suffit pas toujours, la fondation pouvant changer d’un mur à l’autre.
  3. Les réseaux : avant de creuser, le guichet unique des réseaux identifie gratuitement les exploitants auprès desquels déclarer des travaux de terrassement ou de sondage.
  4. La fouille de reconnaissance : une tranchée étroite le long du mur, descendue jusque sous la base de la fondation, puis refermée.
  5. Le sondage au droit ou à proximité de la fouille, pour connaître le sol sous la fondation, et des essais en place ou en laboratoire si la question l’exige.
  6. Le rapport : description, coupes, photographies, appréciation de la portance, recommandations pour le projet ou la réparation.

Ce que l’on mesure

ÉlémentCe que l’on relèvePourquoi
Profondeur d’assiseCote de la base de la fondation par rapport au terrain et au plancherSensibilité aux variations d’humidité du sol, comparaison avec une fondation neuve ou voisine
GéométrieLargeur, hauteur, débord, présence d’une semelle distincte du murSurface d’appui et répartition des charges
Matériau et étatMaçonnerie, béton, béton armé ; joints, fissures, dégradationsCapacité à reprendre un effort supplémentaire
Sol d’assiseNature, consistance, hétérogénéités, remblaisPortance et tassements
Eau et racinesArrivées d’eau, humidité, racines au contactCauses possibles de désordres

Si une reprise en sous-œuvre par plots est envisagée, le guide de l’Ifsttar demande de connaître le ferraillage de la semelle existante par un sondage destructif, car l’écartement des plots en dépend : ce relevé se coordonne avec le bureau de structure, qui fait le calcul.

Les situations courantes

  • Extension accolée : les fondations neuves ne seront ni au même niveau ni du même type que les anciennes. L’Ifsttar recommande de désolidariser deux parties de bâtiment fondées différemment par un joint de rupture, fondations comprises, l’extension étant citée parmi les cas. Voir l’étude pour une extension.
  • Surélévation : la charge supplémentaire se reporte sur des fondations existantes. Le diagnostic dit sur quoi elles reposent ; la structure vérifie si elles la supportent. Voir l’étude de sol pour une surélévation.
  • Mitoyenneté : une fondation neuve plus basse que celle du voisin pose la question de la pente entre semelles, la règle dite du 3 pour 2, issue de l’ancien DTU 13.12 ; si elle ne peut pas être tenue, le maintien de la fondation voisine s’étudie. Reconnaître la fondation voisine demande l’accord du voisin, et l’article 662 du code civil encadre tout appui contre un mur mitoyen. Voir l’étude de sol en limite de propriété.
  • Sous-sol ou cave à creuser : descendre le plancher bas sous le niveau d’appui des murs commence par ce diagnostic. Voir creuser un sous-sol sous une maison.
  • Achat d’une maison ancienne : connaître l’état des fondations avant de signer, surtout si des fissures sont visibles.
  • Après un chantier voisin ou un sinistre : une reprise en sous-œuvre se conçoit à partir de ce que l’on a trouvé. Voir les fissures causées par un chantier voisin.

Ce qui peut en sortir

Selon les cas : aucune intervention nécessaire ; un renforcement localisé ; des fondations de l’extension conçues indépendamment avec un joint ; ou une reprise en sous-œuvre (micropieux, plots, injections), qui demandera alors une étude de conception et un dimensionnement par le bureau de structure. Le diagnostic géotechnique fournit la reconnaissance et les hypothèses de sol ; le calcul de la structure revient au bureau de structure, l’exécution à l’entreprise.

Pour aller plus loin : la reprise en sous-œuvre, l’étude pour une extension.

Les tarifs, délais et investigations dépendent du projet, de l’accessibilité, des risques locaux, des résultats d’essais et du niveau de mission retenu.

Illustration

Une reprise en sous-œuvre par micropieux

Illustration en coupe d’une reprise en sous-œuvre : mur existant en pierre sur sa semelle existante, longrine de reprise en béton, micropieux inclinés traversant l’argile et scellés dans la marne.
Illustration Les micropieux, scellés dans la marne, reprennent la semelle existante par une longrine. © Solintek, illustration.

Réparation

Reprendre une fondation en sous-œuvre

Quand une fondation existante ne suffit plus, des micropieux reportent la charge sous la couche qui bouge. Le diagnostic G5 en fixe d’abord la cause.

Reprise en sous-œuvre d’une semelle existante par micropieux Coupe d’une maison existante dont la semelle, fondée à 60 centimètres dans une argile sensible à la sécheresse, a bougé. Deux longrines en béton armé sont coulées de part et d’autre de la semelle et liées à elle. Elles reposent sur des micropieux forés de petit diamètre, injectés au coulis de ciment, qui traversent l’argile et se scellent dans la marne stable plus profonde. La charge de la maison passe alors par les micropieux, sous la zone qui se rétracte. Les fissures se reprennent une fois la structure stabilisée. © Solintek, schéma original. Zone qui se rétracte Argile sensible Marne stable TN 12345 REPÈRES 1 Semelle existante, à 0,60 m 2 Longrine de reprise accolée 3 Micropieu foré et injecté 4 Scellement dans la marne 5 Fissure reprise après stabilisation DANS L’ORDRE 1. Diagnostic G5 : la cause des désordres et le sol. 2. Conception de la reprise : nombre et longueur des micropieux, longrines. 3. Travaux suivis, puis reprise des fissures. © Solintek
Schéma de principe Coupe d’une maison existante dont la semelle, fondée à 60 centimètres dans une argile sensible à la sécheresse, a bougé. Deux longrines en béton armé sont coulées de part et d’autre de la semelle et liées à elle. Elles reposent sur des micropieux forés de petit diamètre, injectés au coulis de ciment, qui traversent l’argile et se scellent dans la marne stable plus profonde. La charge de la maison passe alors par les micropieux, sous la zone qui se rétracte. Les fissures se reprennent une fois la structure stabilisée. © Solintek, schéma original.

Questions fréquentes

Comment vérifier les fondations d'une maison ?

En ouvrant une fouille au pied d'un mur, jusque sous la base de la fondation, en un ou plusieurs points choisis. On mesure la profondeur d'assise, la largeur et le matériau, on observe l'état, puis un sondage voisin dit sur quel sol la fondation repose. Les plans d'origine, quand ils existent, disent ce qui était prévu, pas ce qui a été construit.

Comment connaître la profondeur des fondations de ma maison ?

Seule une fouille ou un sondage au droit du mur la donne. Dans le bâti ancien, le guide de l'Ifsttar de 2017 décrit des fondations en maçonnerie dont la base se situe en général vers 0,5 m de profondeur, plus bas quand un mauvais sol l'a imposé : c'est un ordre de grandeur, pas une mesure de votre maison.

Pourquoi diagnostiquer des fondations qui tiennent depuis des décennies ?

Parce qu'une surélévation ou une extension change les charges ou leur répartition. Des fondations suffisantes pour la maison d'origine peuvent ne plus l'être, ou réagir différemment de celles de l'extension.

Peut-on reconnaître les fondations d'un mur mitoyen ?

Oui, mais une fouille du côté du voisin demande son accord, et toute intervention sur le mur mitoyen lui-même aussi : l'article 662 du code civil interdit d'y appuyer un ouvrage ou d'y pratiquer un enfoncement sans son consentement, ou à défaut sans un règlement par experts.

Ce diagnostic remplace-t-il une étude G2 pour une extension ?

Non, il la complète. Le diagnostic décrit l'existant ; l'étude de conception de l'extension fixe ses propres fondations en tenant compte de celles de la maison.

Autres missions

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Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

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