En bref
- But : reconnaître le sol sous le futur bâtiment et choisir ses fondations.
- Quand : dès que l’implantation et la forme du bâtiment sont connues, avant de signer le contrat de construction.
- Qui la commande : le maître d’ouvrage, ou le constructeur avec son accord.
- Ce qu’on reçoit : un rapport qui fixe le type de fondations, leur niveau d’assise et les précautions à prendre.
- Prix : de 1 500 € à 2 500 € HT pour une maison, détail sur la page des prix de la G2 AVP.
Ce qu’est la G2 AVP
La norme NF P 94-500 appelle étude géotechnique de conception la mission G2. Elle a trois phases : l’avant-projet (AVP), le projet (PRO), puis l’assistance aux contrats de travaux (DCE et ACT). La phase AVP est le moment où l’on passe d’un terrain à un bâtiment : on sait ce que l’on veut construire et où, et l’on cherche comment le fonder.
Elle répond à trois questions :
- Sur quelle couche poser les fondations, et à quelle profondeur ?
- Quel type de fondations : semelles, radier, puits ou pieux ?
- Quelles précautions : contre l’eau, contre les argiles, vis-à-vis des arbres et des constructions voisines ?
Pourquoi elle compte en zone argileuse
Une argile sensible gonfle quand elle s’humidifie et se rétracte à la sécheresse. Si les fondations sont posées dans la tranche de sol qui varie avec les saisons, la maison bouge avec elle et fissure. Selon le ministère de la Transition écologique, le coût moyen d’un sinistre lié aux argiles est de l’ordre de 16 500 euros. La G2 sert d’abord à placer les fondations hors de cette tranche, ou à concevoir une structure qui la supporte.
Le code de la construction donne au constructeur d’une maison en zone moyenne ou forte deux voies : suivre une étude de conception, ou appliquer des techniques particulières réglementaires, forfaitaires par nature. La G2 adapte la solution au terrain réel, souvent à un coût de fondations plus juste.
Comment se déroule la mission
- La lecture du projet : plan de masse, implantation, niveaux, sous-sol éventuel, charges approximatives.
- L’étude documentaire : carte géologique, données de Géorisques, forages voisins, G1 si elle existe.
- Les sondages et essais en place, implantés sous l’emprise du bâtiment : pénétromètre, forages avec essais pressiométriques, prélèvements. Leur profondeur dépasse celle que les fondations pourraient atteindre.
- Les essais de laboratoire sur les sols prélevés : identification, et sensibilité au retrait-gonflement pour les argiles.
- L’ingénierie : modèle géotechnique, choix des fondations, ordre de grandeur de la portance et des tassements, dispositions constructives.
- Le rapport, remis au maître d’ouvrage, qui le transmet au constructeur et au maître d’œuvre.
Ce que contient le rapport
- Les coupes des sondages et les résultats des essais.
- Le modèle géotechnique : la succession des couches sous le bâtiment, et le niveau de l’eau si elle est rencontrée.
- Le type de fondations retenu, le niveau d’assise, l’ordre de grandeur de la contrainte admissible et des tassements.
- Les dispositions : trottoir périphérique, drainage, joints entre corps de bâtiment, distance aux arbres, dallage porté ou sur terre-plein.
- Les points à préciser en G2 PRO et, pendant les travaux, en G3 et G4.
Ce que la G2 AVP ne fait pas
Elle ne justifie pas le projet définitif dans le détail : c’est la G2 PRO. Elle ne produit pas les plans de ferraillage, établis par le bureau d’études structure. Elle ne suit pas le chantier : c’est la G3, côté entreprise, et la G4, côté maître d’ouvrage.
Situations fréquentes
- Maison de plain-pied sur terrain plat. Quelques sondages et des essais sur l’argile suffisent souvent à arrêter des semelles ancrées sous la zone sensible.
- Maison avec sous-sol. L’excavation change tout : niveau de l’eau, poussée des terres sur les murs enterrés, drainage. La G2 doit l’intégrer dès l’AVP.
- Terrain en pente. Il faut éviter de fonder une partie de la maison sur le terrain naturel et l’autre sur un remblai ; la G2 fixe un niveau d’assise homogène.
Pour aller plus loin : la G2 PRO, lire un rapport de G2, les fondations adaptées aux sols argileux.
Faire coïncider l’étude avec le projet dessiné
Pour un particulier et son constructeur, joindre le plan de masse, les niveaux du bâtiment et le sous-sol prévu évite une étude fondée sur un projet différent. Pour un architecte, préciser les hypothèses de charges disponibles et les points encore ouverts. Le programme doit répondre à ces hypothèses, avec ses limites.
Demander quels points restent à vérifier en PRO et quels changements imposeraient une actualisation : implantation, niveaux enterrés, charges ou solution de fondation. L’AVP oriente les choix ; elle n’est pas un plan de ferraillage ni une validation générale du chantier.
Avec un ouvrage enterré, lire le guide sous-sol et nappe. Avant signature, comparer le programme d’investigations et les tarifs AVP. Transmettre les plans permet de définir la phase adaptée.
Les tarifs, délais et investigations dépendent du projet, de l’accessibilité, des risques locaux, des résultats d’essais et du niveau de mission retenu.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 9 octobre 2026.
Sources et références :
- Norme NF P 94-500
- Eurocode 7 (NF EN 1997)
- Géorisques
- BRGM