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Mission G2 PRO

Étude G2 PRO : justifier les fondations du projet définitif

La phase projet de l'étude de conception. On reprend le bâtiment tel qu'il sera construit, avec ses charges réelles, pour justifier les ouvrages géotechniques et fixer leurs règles.

Mission
G2 PRO
Intitulé
Étude géotechnique de conception
Norme
NF P 94-500
Intervention
France métropolitaine, hors Corse et outre-mer
Devis
Ferme, après lecture du dossier
Mains gantées tenant le câble d’une sonde au-dessus d’un tube de sondage
Manipulation d’une sonde au droit d’un tube. Photographie Solintek.

En bref

  • But : justifier les ouvrages géotechniques du bâtiment définitif et fixer leurs dispositions.
  • Quand : quand le projet est arrêté (plans, niveaux, descente de charges), avant la consultation des entreprises.
  • Qui la commande : le maître d’ouvrage ou son maître d’œuvre.
  • Ce qu’on reçoit : les hypothèses géotechniques, les choix constructifs et une ébauche dimensionnelle des fondations.
  • Prix : de 2 000 € à 3 500 € HT pour une maison, détail sur la page des prix de la G2 PRO.

Ce qu’est la G2 PRO

Dans la norme NF P 94-500, la G2 PRO suit la G2 AVP. L’avant-projet a choisi le principe des fondations ; la phase projet le justifie sur le bâtiment tel qu’il sera construit. Le géotechnicien y fixe ce que les autres intervenants vont utiliser pour calculer et chiffrer :

  • les hypothèses géotechniques à retenir : valeurs de calcul des couches, niveau de l’eau, sensibilité des argiles ;
  • les choix constructifs des ouvrages géotechniques : fondations, dallages, soutènements, drainage ;
  • une ébauche dimensionnelle : portance et tassements calculés, profondeurs ou longueurs de principe ;
  • les dispositions constructives et, si nécessaire, des valeurs seuils pour la surveillance pendant les travaux.

Quand la G2 PRO fait la différence

  • Fondations profondes. La longueur et l’ancrage des pieux ou micropieux se calculent sur les charges réelles ; la PRO évite de surdimensionner par prudence.
  • Sous-sol ou parking enterré. Poussée des terres, niveau d’eau de projet, soulèvement du radier, stabilité des fouilles : autant de points à justifier.
  • Bâtiment de plusieurs corps. Les écarts de charges entre corps de bâtiment imposent des joints et des fondations cohérentes.
  • Terrain argileux actif. La profondeur d’ancrage, la rigidité de la structure et la protection contre la dessiccation se décident ici.

Comment se déroule la mission

  1. La reprise du projet : plans indicés, niveaux, descente de charges fournie par la structure.
  2. Les investigations complémentaires, si nécessaire.
  3. Les calculs selon les normes d’application de l’Eurocode 7 : NF P 94-261 pour les fondations superficielles, NF P 94-262 pour les fondations profondes.
  4. Le rapport : notes techniques, coupes, prescriptions et limites d’emploi.

Ce que la G2 PRO ne fait pas

Elle ne produit pas les plans d’exécution (ferraillage, coffrage) : ils relèvent de l’entreprise et de son bureau d’études, dans le cadre de la mission d’exécution G3. Elle ne vérifie pas le béton ni les armatures. Elle ne suit pas le chantier.

La suite de la mission G2

La norme prévoit une dernière phase, l’assistance aux contrats de travaux (G2 DCE et ACT) : le géotechnicien aide à rédiger la partie géotechnique du dossier de consultation des entreprises, puis à analyser leurs offres. Elle est utile dès que le chantier comporte des ouvrages géotechniques importants.

Pour aller plus loin : la G2 AVP, la mission G3, l’article sur la G2 PRO et le dimensionnement.

Les données à arrêter pour passer en phase projet

Le maître d’œuvre et le bureau de structure doivent transmettre l’implantation révisée, les niveaux et les charges retenues, avec les variantes encore envisagées. Le géotechnicien précise les données nécessaires pour justifier la solution. Une AVP jointe sans ses annexes ni ses hypothèses ne suffit pas à comprendre le dossier.

La proposition doit nommer la phase PRO et préciser les échanges, justifications et livrables inclus. Les plans de structure, les méthodes de l’entreprise et le suivi d’exécution constituent des interfaces à organiser. Si la solution change après le rapport, signaler ce changement avant la réalisation.

Consulter les prix G2 PRO, organiser la diffusion du rapport, puis préparer les rôles G3 et G4. Joindre le projet définitif pour préciser le périmètre.

Bâtiment industriel : préciser les charges d’exploitation

Pour un entrepôt, un atelier ou une plateforme logistique, transmettez les charges des rayonnages et équipements, les circulations, les niveaux du dallage et les tolérances de déformation. Les fondations, le support du dallage, les remblais, les quais et les ouvrages enterrés forment des interfaces à coordonner.

Le guide des bâtiments tertiaires et industriels réunit les données à fournir. L’application de la RE2020 ne doit pas être présentée comme une nouvelle obligation générale de G2 PRO : réglementation environnementale, conception géotechnique et contrat ont des périmètres différents.

Les tarifs, délais et investigations dépendent du projet, de l’accessibilité, des risques locaux, des résultats d’essais et du niveau de mission retenu.

Rédaction Solintek. Mise à jour le 10 octobre 2026.

Sources et références :

Illustration

L’essai pressiométrique en coupe

Illustration en coupe d’un essai pressiométrique Ménard : sonde pressiométrique dans un forage, au niveau de l’argile, exerçant une pression radiale ; en surface, contrôleur pression-volume (CPV) relié à une bouteille d’azote et à la sonde par une tubulure.
Illustration La sonde gonflée dans le forage mesure la déformabilité et la résistance du sol. © Solintek, illustration.

Rapport

Lire une fiche de sondage

Chaque sondage fait l’objet d’une fiche : la coupe des terrains, leur description et les mesures, mètre par mètre. C’est la base de tout le raisonnement du rapport.

Fiche de sondage pressiométrique : coupe, description des couches et mesures Fiche type d’un sondage pressiométrique de 7 mètres, comme dans un rapport d’étude de sol. De gauche à droite : la profondeur, la coupe des terrains en symboles normalisés, la description de chaque couche (terre végétale, limon sableux, argile plastique, marne, calcaire), la pression limite nette pl* et le module pressiométrique EM mesurés à chaque mètre, le niveau d’eau relevé à 4,4 mètres et l’échantillon prélevé dans l’argile pour le laboratoire. Les valeurs sont données pour l’exemple. © Solintek, schéma original. SONDAGE SP1 Pressiomètre Ménard, forage Ø 63 mm Cote de départ : TN ± 0,00 Profondeur atteinte : 7,0 m Essais selon NF EN ISO 22476-4 Valeurs d’illustration m COUPE DESCRIPTION pl* (MPa) 0123 EM (MPa) EAU ÉCHANTILLONS 0 1 2 3 4 5 6 7 Terre végétale brune, racines Limon sableux beige,humide, peu compact toit à 0,3 m Argile plastique griseà passées ocre, ferme,sensible à l’eau toit à 1,6 m Marne beige compacte toit à 3,8 m Calcaire fracturé toit à 5,7 m Fin du sondage à 7,0 m 0,42 4,1 0,55 5,8 0,62 7,2 1,6 21 2,1 27 3,4 › 68 3,6 › 75 4,4 m E1, 2,5 à 2,8 m w 24 %, Ip 32 © Solintek
Schéma de principe Fiche type d’un sondage pressiométrique de 7 mètres, comme dans un rapport d’étude de sol. De gauche à droite : la profondeur, la coupe des terrains en symboles normalisés, la description de chaque couche (terre végétale, limon sableux, argile plastique, marne, calcaire), la pression limite nette pl* et le module pressiométrique EM mesurés à chaque mètre, le niveau d’eau relevé à 4,4 mètres et l’échantillon prélevé dans l’argile pour le laboratoire. Les valeurs sont données pour l’exemple. © Solintek, schéma original.

Calcul

Ce que vérifie l’Eurocode 7

Deux vérifications pour une fondation : la portance, avec des charges majorées et une résistance réduite, et le tassement, qui doit rester admissible.

Vérifier une fondation selon l’Eurocode 7 : charges pondérées et résistance du sol À gauche, une semelle chargée par les actions permanentes Gk (poids de l’ouvrage) et variables Qk (exploitation, neige), et la réaction du sol sous la semelle. À droite, les deux vérifications de l’Eurocode 7. À l’état limite ultime, la charge de calcul, obtenue en majorant les actions par des coefficients partiels, ici 1,35 et 1,5, doit rester inférieure à la résistance de calcul du sol, c’est-à-dire sa résistance caractéristique divisée par un coefficient partiel. À l’état limite de service, le tassement calculé doit rester admissible pour l’ouvrage. En France, la norme d’application NF P 94-261 fixe la méthode et les coefficients pour les fondations superficielles. © Solintek, schéma original. Gk Qk poids de l’ouvrage exploitation, neige R réaction du sol tassement s ÉTAT LIMITE ULTIME : PORTANCE Vd = 1,35 · Gk + 1,5 · Qk Rd = Rk / γR Vd ≤ Rd la charge de calcul reste sous la résistance de calcul du sol ÉTAT LIMITE DE SERVICE : TASSEMENT s ≤ s admissible Rk : résistance caractéristique tirée des essais (au pressiomètre, la pression limite nette pl*). γR : coefficient partiel sur la résistance. Méthode et coefficients en France : NF P 94-261 (fondations superficielles), avec la NF EN 1990. © Solintek
Schéma de principe À gauche, une semelle chargée par les actions permanentes Gk (poids de l’ouvrage) et variables Qk (exploitation, neige), et la réaction du sol sous la semelle. À droite, les deux vérifications de l’Eurocode 7. À l’état limite ultime, la charge de calcul, obtenue en majorant les actions par des coefficients partiels, ici 1,35 et 1,5, doit rester inférieure à la résistance de calcul du sol, c’est-à-dire sa résistance caractéristique divisée par un coefficient partiel. À l’état limite de service, le tassement calculé doit rester admissible pour l’ouvrage. En France, la norme d’application NF P 94-261 fixe la méthode et les coefficients pour les fondations superficielles. © Solintek, schéma original.

Questions fréquentes

La G2 PRO est-elle obligatoire ?

Pour qu'une étude de conception soit présumée conforme au titre de la loi ELAN, l'arrêté du 22 juillet 2020 vise une G2 comprenant la phase avant-projet et la phase projet. Le dispositif prévoit aussi la voie des techniques particulières. Hors de ce cadre, examinez le PPR, les règles de l'ouvrage et les exigences du marché ; la phase PRO permet de justifier le projet définitif.

Qui utilise le rapport de G2 PRO ?

Le bureau d'études structure, qui dimensionne le béton armé à partir des hypothèses géotechniques ; le maître d'œuvre ; les entreprises consultées, qui chiffrent sur cette base ; le contrôleur technique lorsqu'il y en a un.

Faut-il de nouveaux sondages en G2 PRO ?

Seulement si la G2 AVP laisse des zones non reconnues ou des questions ouvertes : une partie du bâtiment déplacée, un sous-sol ajouté, un substratum à préciser. Sinon, la phase projet est surtout un travail d'ingénierie.

Que se passe-t-il si le projet change après la G2 PRO ?

L'étude de conception ne vaut que pour le projet pour lequel elle a été faite (article R. 132-6). Un changement d'implantation, de niveau ou de charges doit lui être soumis : selon son importance, une simple note ou une reprise de l'étude.

Autres missions

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Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

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