Une installation d’assainissement non collectif traite sur la parcelle les eaux usées d’une maison que le réseau public ne dessert pas. Elle comprend une fosse, un traitement et une évacuation des eaux traitées. Le traitement se fait par le sol en place, par un sol reconstitué ou par un dispositif agréé ; l’évacuation se fait d’abord dans le sol. C’est pourquoi la nature du terrain pèse autant dans le choix de la filière. Le service public d’assainissement non collectif (SPANC) contrôle le projet, les travaux, puis l’installation pendant toute sa vie.
Ce guide présente les filières et les contrôles. L’étude de sol elle-même est décrite dans l’étude de sol pour assainissement, la mesure dans le test de perméabilité.
Comment fonctionne une installation
Les eaux usées sont collectées, prétraitées dans une fosse étanche qui retient les matières solides, puis traitées dans un sol naturel ou un massif de sable, où des micro-organismes dégradent la pollution (portail interministériel de l’assainissement non collectif).
- Toutes les eaux usées ensemble. L’installation traite en commun les eaux des toilettes et les eaux ménagères (article 3 de l’arrêté du 7 septembre 2009). Les eaux de pluie n’y entrent jamais (portail, rubrique « Tout savoir ») : elles relèvent d’une autre gestion, présentée dans le guide des eaux pluviales.
- La fosse toutes eaux a remplacé la fosse septique d’avant 1982, qui ne recevait que les eaux des toilettes (même portail). Son volume utile est d’au moins 3 m³ jusqu’à cinq pièces principales, plus 1 m³ par pièce supplémentaire (annexe 1 de l’arrêté).
- Le dimensionnement suit le nombre de pièces principales : une pièce principale vaut un équivalent-habitant, sauf cas particuliers (article 5).
- L’évacuation se fait par le sol de la parcelle si sa perméabilité est comprise entre 10 et 500 mm/h (article 11). À défaut, rejet vers un milieu superficiel, avec l’autorisation de son propriétaire ou gestionnaire et une étude qui démontre qu’aucune autre solution n’est envisageable (article 12) ; en dernier recours, puits d’infiltration vers une couche plus profonde, autorisé par la commune sur étude hydrogéologique (article 13). Le rejet dans un puisard ou un puits perdu est interdit (même article).
La commune délimite, après enquête publique, les zones d’assainissement collectif et celles qui relèvent de l’assainissement non collectif (article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales). Le zonage se consulte en mairie.
Les filières traditionnelles : le sol en place ou un sol reconstitué
Quand le sol en place convient, il traite et évacue lui-même les eaux sorties de la fosse. L’article 6 de l’arrêté fixe ce qu’il doit réunir :
- une surface suffisante et une pente adaptée ;
- une parcelle hors zone inondable, sauf de manière exceptionnelle ;
- une perméabilité comprise entre 15 et 500 mm/h sur au moins 0,70 m d’épaisseur ;
- aucune nappe à moins d’un mètre sous le fond de fouille, hors niveau exceptionnel de hautes eaux.
Sinon, on le remplace par un massif reconstitué de sable et de graviers, ou de zéolithe (même article). L’annexe 1 de l’arrêté décrit les dispositifs ; les guides du ministère pour les usagers (2012) et pour les installateurs (2016) précisent leur emploi.
| Filière | Quand elle s’emploie | Ce qu’en disent les textes |
|---|---|---|
| Tranchées d’épandage à faible profondeur | Sol en place apte au traitement (article 6) | Longueur selon la perméabilité, voir plus bas |
| Lit d’épandage | Sol à dominante sableuse où les tranchées sont difficiles à creuser | Fouille unique à fond horizontal |
| Filtre à sable vertical non drainé (lit filtrant) | Sol trop perméable, au-delà de 500 mm/h | Au moins 0,70 m de sable siliceux lavé ; le sol en place évacue les eaux traitées |
| Filtre à sable vertical drainé | Sol trop peu perméable, sous 15 mm/h | Au moins 5 m² par pièce principale, 20 m² au minimum ; eaux traitées drainées vers un exutoire |
| Tertre d’infiltration | Nappe trop proche de la surface ; aussi roche mère trop proche ou zone inondable, selon le guide de 2016 | Filtre à sable construit au-dessus du sol en place, avec en général un relevage des eaux |
| Lit filtrant drainé à flux horizontal | Sol trop peu perméable et pente insuffisante pour un filtre vertical drainé | Front de répartition de 6 m pour quatre pièces, 8 m pour cinq |
| Filtre à massif de zéolithe | Sol trop peu perméable et surface réduite | Cinq pièces principales au plus, fosse d’au moins 5 m³ ; interdit à proximité d’usages sensibles comme un captage d’eau potable ou une baignade |
Pour les tranchées, le guide des installateurs de 2016 reproduit le tableau de la norme NF DTU 64.1, qui fixe les règles de l’art de ces filières : jusqu’à cinq pièces principales, 50 m de tranchées entre 30 et 50 mm/h, 45 m entre 50 et 200 mm/h, un lit d’épandage de 30 m² au-delà ; entre 15 et 30 mm/h, une étude particulière. La distance de 35 m à un captage déclaré d’eau potable est réglementaire (article 4) ; celles vis-à-vis de la maison, des limites ou des arbres sont des recommandations (même guide).
Les filières agréées : micro-stations, filtres compacts, filtres plantés
Les eaux peuvent aussi être traitées par des dispositifs agréés après évaluation de leur efficacité et de leurs risques (article 7) : filtres compacts, filtres plantés, micro-stations à cultures libres ou fixées. Depuis le 1er mars 2021, les agréments sont délivrés par deux organismes notifiés, le CERIB et le CSTB, et publiés sur le portail, où la liste se consulte par famille. Chaque agrément vaut pour un nombre d’équivalents-habitants : vérifiez qu’il couvre le nombre de pièces principales de la maison (guide de 2012).
Le guide du ministère pour les usagers (septembre 2012) compare les familles. Ses ordres de grandeur :
| Famille | Emprise du traitement | Électricité | Maison occupée par intermittence |
|---|---|---|---|
| Fosse et épandage dans le sol en place | Plus de 100 m² | Non, sauf poste de relevage | Possible |
| Fosse et filtre à sable | À partir de 40 m², évacuation en plus | Non, sauf poste de relevage | Possible |
| Fosse et filtre à zéolithe | En général moins de 20 m², évacuation en plus | Non, sauf poste de relevage | Possible |
| Filtre compact (agréé) | Moins de 20 m², évacuation en plus | Non, sauf poste de relevage | Possible |
| Filtre planté (agréé) | Moins de 100 m², évacuation en plus | Non, sauf poste de relevage | Possible |
| Micro-station (agréée) | Moins de 10 m², évacuation en plus | Oui | Non, sauf mention contraire de l’agrément |
L’agrément ne porte que sur le traitement. En sortie, les eaux traitées doivent être infiltrées si la perméabilité du sol le permet ; le rejet vers un milieu superficiel n’est possible qu’après une étude particulière et une autorisation (portail). Un dispositif compact réduit la surface de traitement, pas la question de l’évacuation, qui dépend toujours du sol. Lorsque l’agrément le précise, il ne doit pas équiper une résidence secondaire (portail).
Le guide de 2012 invite à raisonner en coût global, achat et usage : électricité, entretien, parfois un contrat de maintenance, vidanges, renouvellement des médias et massifs filtrants, en moyenne tous les quinze ans. L’éco-prêt à taux zéro finance la réhabilitation par un dispositif qui ne consomme pas d’énergie (service-public.gouv.fr) ; le portail cite aussi les aides de l’Anah et une TVA à 10 %, sous conditions.
Le sol décide : perméabilité, épaisseur, nappe
Deux seuils de l’arrêté ne se confondent pas : 15 mm/h pour que le sol en place traite les eaux (article 6), 10 mm/h pour qu’il évacue des eaux déjà traitées (article 11). Au-delà de 500 mm/h, le sol est trop perméable pour traiter et l’on reconstitue un filtre à sable non drainé (annexe 1 de l’arrêté). La nappe compte autant : à moins d’un mètre sous le fond de fouille, le traitement par le sol en place n’est plus admis.
Une enquête du Cerema pour le ministère, à laquelle 281 SPANC ont répondu en entier (synthèse de mars 2016), montre le poids de ces données :
- les contraintes les plus citées sont les sols argileux (83 % des répondants), les zones inondables (59 %), une nappe à moins d’un mètre (49 %) et un substratum rocheux à faible profondeur (46 %) ;
- les paramètres les plus difficiles à apprécier sont la hauteur de la nappe et la perméabilité du sol et du sous-sol ;
- 56 % des services avaient rendu l’étude de sol à la parcelle obligatoire, presque toujours par leur règlement de service ou par délibération.
L’étude de sol n’est pas imposée par un texte national, mais elle peut l’être localement. Selon le guide de 2012, l’étude de conception à la parcelle n’a pas été rendue obligatoire au niveau national, et le SPANC peut l’exiger par son règlement de service. Les communes peuvent fixer des prescriptions, « notamment pour l’étude des sols ou le choix de la filière » (article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales). Le contenu de l’étude et les essais sont détaillés dans le guide complet de l’étude de sol pour assainissement et les essais Porchet et Lefranc ; les prix sur la page de l’étude et celle du test de perméabilité.
Les quatre contrôles du SPANC
Le contrôle est obligatoire et payant ; l’usager ne peut pas choisir un autre prestataire (service-public.gouv.fr).
| Moment | Ce que vérifie le SPANC | Texte |
|---|---|---|
| Avant les travaux : examen de la conception | Sur dossier, et sur place si besoin, l’adaptation du projet à l’usage, aux contraintes sanitaires et environnementales, au terrain et aux prescriptions techniques | Arrêté du 27 avril 2012, article 3 ; L. 2224-8 |
| Pendant les travaux : vérification de l’exécution | Sur le chantier, avant remblayage, les ouvrages, leur accessibilité et leur conformité aux prescriptions techniques | Arrêté du 27 avril 2012, article 3 |
| Pendant la vie de l’installation : bon fonctionnement et entretien | L’existence de l’installation, son fonctionnement, son entretien, les dangers pour la santé et les risques de pollution | Arrêté du 27 avril 2012, articles 4 et 7 ; au plus tous les dix ans (L. 2224-8) |
| À la vente | Un nouveau contrôle, aux frais du vendeur, si le rapport du dernier contrôle a plus de trois ans à la signature de l’acte ou n’existe pas | Code de la santé publique, L. 1331-11-1 |
Pour une maison neuve, le permis de construire comprend le document du SPANC qui atteste la conformité du projet (article R. 431-16 du code de l’urbanisme, point d). Après un contrôle, en cas de danger pour la santé ou de risque avéré de pollution, le propriétaire fait les travaux dans les quatre ans (arrêté du 27 avril 2012, article 4). À la vente, un rapport absent ou de plus de trois ans impose un contrôle aux frais du vendeur (L. 1331-11-1), et si l’installation n’est pas conforme, l’acquéreur fait les travaux dans l’année qui suit l’acte (article L. 271-4 du code de la construction et de l’habitation).
Les étapes d’un projet
- Interroger le SPANC : zonage, règlement de service, prescriptions locales, étude exigée ou non.
- Faire étudier la parcelle quand le SPANC l’exige ou quand le sol est incertain : couches, perméabilité, nappe, pente, surface disponible.
- Déposer le projet au SPANC, puis, pour une construction neuve, joindre son attestation au permis de construire.
- Faire réaliser les travaux en prévenant le SPANC, qui contrôle le chantier avant remblayage ; ensuite, faire vidanger par une entreprise agréée par le préfet (service-public.gouv.fr).
Pour un puits d’infiltration, l’article 13 exige une étude hydrogéologique : voir l’étude hydrogéologique et son prix. Pour un terrain à bâtir, le sol compte aussi pour les fondations : voir acheter un terrain et l’étude de sol. Pour faire étudier une parcelle, transmettez le plan et les prescriptions de votre SPANC.
Rédaction Solintek.
Sources et références :
- Arrêté du 7 septembre 2009 modifié fixant les prescriptions techniques des installations d'assainissement non collectif, version en vigueur au 23 octobre 2026
- Arrêté du 27 avril 2012 relatif aux modalités de l'exécution de la mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif
- Code général des collectivités territoriales, article L. 2224-8
- Code général des collectivités territoriales, article L. 2224-10
- Code de l'urbanisme, article R. 431-16
- Code de la santé publique, article L. 1331-11-1
- Code de la construction et de l'habitation, article L. 271-4
- Service-public.gouv.fr, assainissement des eaux usées domestiques (F447), vérifiée le 12 décembre 2025
- Service-public.gouv.fr, éco-prêt à taux zéro (F19905), vérifiée le 1er septembre 2026
- Portail interministériel de l'assainissement non collectif, tout savoir sur l'assainissement non collectif
- Portail interministériel de l'assainissement non collectif, aides financières
- Portail interministériel de l'assainissement non collectif, installations réglementaires
- Portail interministériel de l'assainissement non collectif, dispositifs agréés et évacuation des eaux traitées
- Portail interministériel de l'assainissement non collectif, listes des dispositifs agréés
- Portail interministériel de l'assainissement non collectif, procédure d'agrément transférée aux organismes notifiés, 23 février 2021
- Ministère de l'Écologie, guide d'information des usagers, outil d'aide au choix, septembre 2012
- Ministère de l'Environnement, règles et bonnes pratiques à l'attention des installateurs, septembre 2016
- DGALN et Cerema, études de sol à la parcelle, synthèse d'une enquête nationale, mars 2016