Aller au contenu

Guide · Risques

Dallage, dalle ou terrasse qui s'affaisse : la cause, le diagnostic, les garanties

Un carrelage qui se creuse le long des murs, une terrasse qui penche vers le jardin, un seuil qui se décolle : l'affaissement se voit avant de s'expliquer. Remblai mal compacté, argile, fuite ou défaut de mise en œuvre, la cause décide de la réparation et de la garantie.

Lecture : 7 minMis à jour le 28 octobre 2026

Illustration d’un terrassement : fouille aux talus inclinés, pelle mécanique chargeant un camion-benne, géotechnicien contrôlant le fond de fouille au pénétromètre à main, couche de forme compactée en cours de mise en place.
Illustration Le fond de fouille est contrôlé avant la mise en place de la couche de forme.

Un dallage sur terre-plein ne tient que par ce qu’il y a dessous : la couche de forme, puis le sol. Quand il s’affaisse, la question n’est pas « faut-il reboucher ? », mais « qu’est-ce qui a bougé dessous, et pourquoi ? ». Ce guide aide à départager les causes, à rassembler ce qui servira au diagnostic, et à savoir quelle garantie peut jouer. Le tri des fissures de plafond, de carrelage et de dalle se trouve dans fissures au plafond, au carrelage, sur une dalle ; le choix entre dallage et vide sanitaire pour une maison neuve, dans vide sanitaire ou dallage.

De quoi parle-t-on ?

  • Le dallage sur terre-plein est, selon la fiche A.06 de l’Agence Qualité Construction (AQC, mise à jour en septembre 2026), une dalle en béton d’au moins 12 cm d’épaisseur pour une maison individuelle, coulée sur une couche de forme qui lui sert d’assise. Il suit les mouvements du sol et de cette forme.
  • La dalle portée, ou plancher sur vide sanitaire, s’appuie sur les fondations. Si elle fléchit, la question relève d’abord de la structure, que Solintek ne traite pas.
  • La terrasse, le perron, l’allée sont des dalles extérieures posées sur le terrain, souvent sur un remblai rapporté contre la maison.

« Tassement » et « affaissement » se croisent dans les fiches de l’AQC : le tassement est la descente du sol ou de la couche qui porte l’ouvrage, l’affaissement le désordre que l’on voit sur le dallage. La fiche A.01 rappelle qu’un tassement différentiel de l’ordre du centimètre peut suffire à fissurer murs et cloisons.

Les signes à relever

SigneCe qu’il suggèreSource
Vide entre le revêtement de sol et les plinthes, au pied des murs extérieursDallage qui s’affaisse en riveAQC, fiche A.06
Fissures dans les cloisons et le revêtement de solDallage qui s’affaisseAQC, fiche A.06
Canalisation arrachée dans ou sous le dallageMouvement assez fort pour rompre un réseau ; une fuite peut aussi être la cause de l’affaissementAQC, fiche A.06
Terrasse, perron ou garage qui se décolle de la maisonMouvement différentiel entre deux ouvrages ; désordre typique du retrait-gonflement des argilesMinistère de la Transition écologique
Végétation qui pousse entre plinthe et carrelageAffaissement marqué : plus d’un centimètre dans l’exemple de la ficheAQC, fiche A.06
Fissures des façades, portes qui coincentMouvement des fondations, pas seulement du dallageVoir lire une fissure

Mesurez le vide sous les plinthes aux mêmes points, avec la date, d’une fois sur l’autre ; pour une fissure qui accompagne l’affaissement, voir le témoin de fissure.

Quatre causes à départager

1. La couche de forme et le remblai

La fiche A.06 range parmi les causes une couche de forme mal réalisée : décapage insuffisant de la terre végétale, dallage coulé directement sur la terre végétale, matériaux inadaptés, compactage insuffisant, notamment en périphérie, épaisseur excessive ou hétérogène. Elle donne en regard les bonnes pratiques : décaper la terre végétale sur environ 30 cm, compacter par couches de 20 cm au plus, y compris en périphérie et le long des façades, contrôler le résultat (module minimal de 30 MPa/m selon le DTU 13.3), et préférer un vide sanitaire au-delà de 40 cm de remblai.

La fiche A.01 ajoute deux remblais d’âges différents sous un même ouvrage, l’un ancien peu compressible, l’autre récent mal compacté, et une plate-forme créée après coup contre une façade, qui charge le sol au droit de sa fondation. L’Ifsttar signale enfin les trous de souches remblayés avec du matériau remanié, qui rendent un terrain très hétérogène. Voir le terrain remblayé.

2. L’argile

Selon l’Ifsttar et le CSTB (2017), le tassement ou le gonflement différentiel du sol sous les fondations ou sous les dallages est la conséquence dommageable du retrait-gonflement, et son amplitude dépend de l’épaisseur d’argile sous l’ouvrage. Les fissures qui en résultent touchent les murs, les planchers et les terrasses. Le guide du ministère de septembre 2025 décrit sur les dallages des fissures dues aux mouvements différentiels, des affaissements ou des soulèvements causés par les variations de volume du sol, et des désordres aggravés par l’absence ou la défaillance des joints.

Pour les terrasses, l’Ifsttar demande de désolidariser par un joint de rupture les ouvrages annexes et aménagements extérieurs fondés différemment du bâtiment, terrasse comprise, et de placer les haies à 1,5 fois leur taille adulte des trottoirs et terrasses aussi. Voir le retrait-gonflement des argiles et les arbres près de la maison.

3. L’eau

La fiche A.06 cite les fuites de canalisations enterrées, et les terrains soumis à l’action de l’eau : nappe, crues, cuvettes. Le guide du ministère range les trottoirs et terrasses en contre-pente, et les remblais perméables, parmi les « pièges à eau » qui font travailler une argile au pied des murs. La fiche A.01 compte aussi la rupture d’une canalisation enterrée ou d’un regard d’eau pluviale, qui change localement la consistance du sol. Voir le drainage autour de la maison.

4. Ce qui est posé sur le sol

Le sol n’est pas toujours en cause. La fiche A.06 détaille un cas où un isolant de compressibilité inadaptée, posé sous le dallage à la place d’un isolant spécifique, a provoqué un tassement de 14 mm, la rupture du carrelage et celle de cloisons en briques. Elle cite aussi l’isolant absent sur une partie de la surface. C’est un défaut d’exécution du dallage lui-même.

Défaut d’exécution ou sol : comment trancher

La forme de l’affaissement ne suffit pas. Ce qui tranche, ce sont des constats faits sous et autour de l’ouvrage :

  • l’âge et l’histoire : date de construction, travaux, fuite, été sec, qui situent le début du désordre ;
  • la carotte du dallage : épaisseur, présence et nature de l’isolant, couche de forme ;
  • les sondages au droit de l’affaissement et à côté : nature et épaisseur du remblai, compacité, présence d’argile, traces d’eau ;
  • les réseaux sous et près de la dalle : un contrôle d’étanchéité dit si une fuite alimente le sol ;
  • les arbres et haies proches, et l’écoulement des eaux de toiture et de ruissellement.

Le diagnostic G5 porte sur la part du sol dans le désordre ; son prix figure sur la page du diagnostic G5. Pour une maison dont les murs fissurent aussi, voir le diagnostic des fissures.

Quelle garantie peut jouer

SituationGarantieTexte
Désordre apparu dans l’année qui suit la réceptionGarantie de parfait achèvement : désordres signalés par réserves au procès-verbal, ou par notification écrite pour ceux révélés ensuiteCode civil, 1792-6
Dommage qui compromet la solidité ou rend l’ouvrage impropre à sa destination, dans les dix ans après la réceptionResponsabilité décennale du constructeur, même pour un vice du sol ; la dommages-ouvrage préfinance la réparation sans recherche de responsabilitéCode civil, 1792 et 1792-4-1 ; code des assurances, L. 242-1
Mouvement de terrain dû à la sécheresse, commune reconnue par arrêtéGarantie catastrophe naturelle du contrat d’habitation ; déclaration au plus tard 30 jours après la publication de l’arrêté, franchise de 1 520 € pour un bien non professionnelCode des assurances, L. 125-1 ; F3076

Service-public.gouv.fr (fiche F2034) cite parmi les ouvrages couverts par la garantie décennale les fondations, l’ossature et les ouvrages avec fondations comme une terrasse. Tout affaissement n’atteint pas pour autant le seuil de gravité de l’article 1792 : c’est l’expertise qui l’apprécie. La dommages-ouvrage exclut notamment l’usure normale et le défaut d’entretien.

En pratique :

  • déclarer sans attendre de connaître la cause : la déclaration à l’assureur dommages-ouvrage se fait dans le délai du contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, et au plus tard dans les deux ans qui suivent la connaissance du sinistre (F2032) ;
  • conserver le procès-verbal de réception, les études de sol, les plans et les photographies datées ;
  • éviter de réparer avant l’expertise ce qui pourrait en être l’objet, sauf mesure de sécurité.

Le détail de la dommages-ouvrage est dans dommages-ouvrage et étude de sol, celui de la sécheresse dans déclarer un sinistre sécheresse.

Réparer : la cause d’abord

Reboucher un vide ou ragréer un carrelage sans traiter la cause expose à voir le désordre revenir. L’ordre reste celui de réparer une fissure : établir si l’ouvrage bouge encore et pourquoi, traiter l’eau, la végétation ou la fuite, puis réparer.

Sur un sol argileux très sensible, le guide du ministère de septembre 2025 juge qu’aucune solution de confortement du dallage n’est pérenne et recommande de le remplacer par un plancher accroché aux fondations existantes, en laissant un vide sanitaire. Le guide y voit une intervention lourde, qui impose de recalculer les charges reprises par les fondations, généralement avec une reprise en sous-œuvre réalisée en même temps ; il l’estime entre 6 et 12 k€ HT d’après l’Ifsttar (2017). Les familles de reprise sont présentées dans la reprise en sous-œuvre et l’injection de résine. Pour une terrasse refaite, l’Ifsttar demande de la désolidariser de la maison par un joint de rupture quand elle est fondée différemment.

Questions fréquentes

Pourquoi y a-t-il un vide entre mon carrelage et les plinthes ?

C'est le signe que décrit la fiche A.06 de l'Agence Qualité Construction pour un dallage qui s'affaisse : l'affaissement se produit surtout au pied des murs périphériques, avec un vide entre le revêtement et les plinthes, et des fissures dans les cloisons et le carrelage.

Affaissement ou tassement, quelle différence ?

Dans l'usage des fiches de l'Agence Qualité Construction, le tassement est la descente du sol ou de la couche qui porte l'ouvrage sous les charges ; l'affaissement désigne le désordre visible du dallage qui descend. La fiche A.06 décrit ainsi l'affaissement d'un dallage dû à un tassement de 14 mm.

Ma terrasse s'affaisse, l'assurance la prend-elle en charge ?

Cela dépend de son âge et de la cause. Dans les dix ans qui suivent la réception, un dommage grave peut relever de la garantie décennale et de la dommages-ouvrage ; service-public.gouv.fr cite la terrasse avec fondations parmi les ouvrages concernés. Après une sécheresse reconnue par arrêté, la garantie catastrophe naturelle peut jouer.

Dalle qui s'affaisse, que faire en premier ?

Mesurer et dater : vide sous les plinthes, décalage des seuils, fissures. Vérifier les canalisations qui passent sous la dalle. Déclarer à l'assureur concerné dans les délais si l'ouvrage a moins de dix ans, puis faire établir la cause avant de reboucher ou de ragréer.

Faut-il casser le dallage ?

Pas d'emblée. Sur un sol très sensible aux variations d'eau, le guide du ministère de septembre 2025 juge qu'aucun confortement de dallage n'est pérenne et recommande de le remplacer par un plancher accroché aux fondations, au-dessus d'un vide sanitaire. Sur un remblai ou après une fuite, la réponse dépend du diagnostic.

Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

Vos préférences de confidentialité

Vous pouvez autoriser des outils facultatifs pour nous aider à améliorer le site. Votre choix ne change pas l’accès aux services.

Aucune finalité publicitaire n’est activée par ces choix. Vous pouvez les retirer à tout moment avec « Préférences de confidentialité » en bas du site. En savoir plus.

↑ ↓ pour choisir, Entrée pour ouvrir, Échap pour fermer