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Guide · Technique

Vide sanitaire, dalle portée ou dallage sur terre-plein : ce que le sol décide

Un dallage posé sur le terrain suit tous ses mouvements. Un plancher porté au-dessus d'un vide sanitaire y échappe. Sur argile, ce choix pèse autant que la profondeur des fondations, et la réglementation en tient compte.

Lecture : 7 minMis à jour le 23 octobre 2026

Gros plan d’une tarière portant du matériau clair, à côté de la machine sur l’herbe
Détail d’une tarière après remontée. Photographie Solintek.

Les fondations portent les murs. Le plancher du rez-de-chaussée, lui, peut reposer de trois façons : directement sur le terrain, au-dessus d’un vide, ou au-dessus d’un niveau enterré. Le choix dépend du sol, et sur argile il est encadré par l’arrêté du 22 juillet 2020 sur les techniques particulières de construction.

Trois façons de faire le plancher bas

Le dallage sur terre-plein. La fiche A.06 de l’Agence Qualité Construction (AQC, 2026) le définit comme un ouvrage horizontal en béton, coulé sur une forme en matériaux choisis, réalisée sur le sol en place après décapage de la terre végétale, et sur laquelle il repose en appui continu. Dès que le sol ou la forme faiblissent, le dallage suit leurs mouvements. Pour les maisons individuelles, l’AQC indique une épaisseur minimale de 12 cm. Sa conception et son exécution relèvent du NF DTU 13.3, dont une partie (décembre 2021) vise les maisons individuelles.

Le plancher porté sur vide sanitaire, appelé aussi dalle portée. Il s’appuie sur les fondations et ménage un vide entre lui et le terrain. Le guide de l’Ifsttar et du CSTB (2017) cite les planchers à poutrelles et entrevous avec dalle de compression, les prédalles avec dalle complémentaire, et la dalle coulée en place.

Le sous-sol. Un niveau enterré, sur toute ou partie de l’emprise, dont le sol est lui-même un dallage ou un plancher bas.

SolutionCe qui porte le plancherCe qu’il craint
Dallage sur terre-pleinLa couche de forme et le sol dessousSol hétérogène, remblai mal compacté, argile qui gonfle ou se rétracte, fuite sous le dallage
Plancher sur vide sanitaireLes fondationsVide mal ventilé (humidité, radon), vide trop bas sur sol gonflant
Sous-solLes murs enterrés et leurs fondationsEau, nappe, sous-sol partiel aux fondations hétérogènes

La colonne de droite résume les causes relevées par les documents de l’AQC et les guides de l’Ifsttar, détaillées plus bas.

Ce que l’étude de sol doit établir

La fiche A.06 de l’AQC est nette : ne réaliser un dallage sur terre-plein que sur un terrain apte à le recevoir, selon l’étude de sol de conception. Elle demande une reconnaissance géotechnique conforme au chapitre 6 du NF DTU 13.3 et une enquête de sol, et de se renseigner sur le niveau de la nappe, les crues et la présence de dallages chez les voisins. Elle cite comme terrains inaptes :

  • les terrains hétérogènes, ou en pente avec déblais et remblais, qui tassent de façon différentielle ;
  • les terrains gypseux ou calcaires où des cavités peuvent se former par dissolution ;
  • les terrains compressibles à strates molles, tourbe ou vase, et les remblais non stabilisés ;
  • les argiles sensibles au retrait-gonflement ;
  • les terrains soumis à l’eau : nappe qui monte et descend, inondations, terrains en cuvette.

Elle donne aussi des repères de mise en œuvre : décaper la terre végétale sur environ 30 cm, compacter la forme par couches de 20 cm au plus, y compris en rive, et préférer un vide sanitaire au-delà de 40 cm de remplissage. Sur un terrain en pente ou remblayé, ces épaisseurs se dépassent vite.

L’étude G2 AVP décrit le sol sous l’emprise, sa sensibilité à l’eau et l’eau rencontrée, et en tire le principe du plancher bas comme celui des fondations.

Ce qui change en zone argileuse

L’arrêté du 22 juillet 2020

Pour une maison neuve sur un terrain d’exposition moyenne ou forte aux argiles, le constructeur choisit, selon le guide du ministère (septembre 2025), entre suivre une étude de conception et appliquer les techniques particulières fixées par voie réglementaire. Dans cette seconde voie, l’arrêté du 22 juillet 2020 dit, à propos des fondations :

ancrées de manière homogène, sans dissymétrie sur le pourtour du bâtiment, notamment pour les terrains en pente ou pour les bâtiments à sous-sol partiel. En l’absence de sous-sol, la construction d’une dalle sur vide sanitaire est prévue ;

Il ajoute, pour les sous-sols, que lorsqu’une source de chaleur importante s’y trouve, les échanges thermiques avec le terrain sont limités en isolant les parois enterrées, afin de ne pas aggraver la dessiccation du sol autour. Le texte ne prévoit rien pour le dallage sur terre-plein : dans la voie des techniques particulières, une maison sans sous-sol a un plancher sur vide sanitaire. Les profondeurs de fondation exigées par le même arrêté sont détaillées dans la semelle filante.

Ce que disent les guides techniques

  • Le guide de l’Ifsttar et du CSTB (2017) indique que les dallages reposant directement sur le sol en place peuvent être sujets à de nombreux désordres et doivent faire l’objet d’une étude spécifique dès que le sol est jugé sensible, même faiblement. La solution préférable est selon lui un plancher porté en béton au-dessus d’un vide sanitaire largement dimensionné pour qu’un gonflement du sol ne puisse le combler.
  • Le guide de l’Ifsttar sur les désordres compte parmi les défauts de conception le dallage réalisé sur terre-plein à la place d’un plancher sur vide sanitaire.
  • L’AQC recommande, sur sol argileux, de préférer le plancher sur vide sanitaire au dallage sur terre-plein, sensible aux retraits et gonflements (fiche A.06), et, de façon générale, de privilégier un plancher porté, qui résiste mieux aux déformations qu’un dallage sur terre-plein (fiche A.01). Là où un plan de prévention des risques argiles existe, sa fiche A.02 va jusqu’à bannir le dallage sur terre-plein.

Pour une maison existante

Quand le sol est très sensible aux variations d’eau, le guide du ministère (septembre 2025) indique qu’aucune solution de confortement du dallage n’est considérée comme pérenne, et recommande de le remplacer par un plancher accroché aux fondations, en laissant un vide sanitaire. C’est une intervention lourde, qui impose de recalculer les charges reprises par les fondations. Voir les fissures de dallage et de carrelage et réparer une fissure.

Le même guide signale deux précautions pour un vide sanitaire sur argile : un film polyane armé posé sur le sol du vide limite les variations d’humidité dues à l’évaporation, souvent aggravées par les courants d’air ; et, quand des travaux rendent étanche le pourtour de la maison, le vide sanitaire doit rester normalement ventilé pour que le sol sous la maison ne s’assèche pas par évaporation à travers lui. Le guide en donne un exemple : pour 100 m² de surface de plancher, quatre orifices de ventilation de 125 cm² chacun suffisent.

Le sous-sol : total ou partiel

Un sous-sol sous une partie de la maison seulement crée des fondations à deux niveaux. L’arrêté demande alors un ancrage homogène, sans dissymétrie ; le guide de l’Ifsttar et du CSTB déconseille le sous-sol partiel dès que l’aléa argile existe, même faible, et demande des joints de rupture s’il est maintenu ; la plaquette du ministère (novembre 2021) le résume d’une ligne : « Les sous-sols partiels sont interdits ».

Un sous-sol complet pose surtout la question de l’eau. La plaquette de l’AQC sur l’humidité en sous-sol (novembre 2022) fait dépendre les dispositions de la destination de chaque pièce. Pour le sol du sous-sol, elle prévoit de traiter les remontées capillaires si l’humidité est possible sous le dallage, un drainage sous le dallage si les venues d’eau sont importantes, des dispositions particulières si le sol est argileux, et des essais d’étanchéité des réseaux posés sous le dallage. Si le niveau reconnu de la nappe dépasse le dessus du dallage, elle renvoie au cuvelage, qu’elle ne traite pas, pas plus que les remontées de nappe ou les zones inondables. S’il existe un risque sanitaire, le dallage doit selon elle être remplacé par une dalle sur vide sanitaire ventilé. Voir construire un sous-sol face à la nappe.

Humidité et radon

Le rapport de l’AQC sur le radon (2019) décrit des vides sanitaires conçus uniquement contre les remontées capillaires, les inondations et les mouvements de terrain, sans que leur ventilation ait été pensée. Mal ventilé, le vide devient un piège : le radon s’y accumule, et l’air qui passe par les défauts d’étanchéité du plancher en est d’autant plus chargé. L’AQC recommande alors de créer ou d’agrandir les ouvertures, de relier entre elles les parties d’un vide cloisonné, et, si cela ne suffit pas, d’installer un extracteur qui met le vide en légère dépression.

Dans sa revue de juillet 2025, l’AQC note qu’il n’existe pas en France de normes de construction intégrant le risque radon dès la conception. Un spécialiste qu’elle interroge cite deux techniques à privilégier en zone à potentiel radon : le hérisson ventilé et le vide sanitaire ventilé, qui traite à la fois l’humidité et le radon. Le même spécialiste signale que, dans les bâtiments sur terre-plein, la jonction périphérique entre la dalle et les murs est un point de passage du radon, difficile à traiter quand les murs ont été isolés par l’intérieur ; sur vide sanitaire, c’est l’étanchéité entre le niveau du dessous et le rez-de-chaussée qui compte, notamment à la porte ou à la trappe d’accès. Pour les zones concernées, voir les cartes du radon.

Pour aller plus loin

Les fondations qui portent ce plancher sont décrites dans la semelle filante, plots, puits et longrines et le radier, et leur panorama dans le guide des fondations superficielles. Les prix de nos études sont sur la page de la G2 AVP.

Questions fréquentes

Le vide sanitaire est-il obligatoire sur un terrain argileux ?

Pour une maison neuve en zone d'exposition moyenne ou forte, le constructeur suit soit une étude de conception, soit les techniques particulières de l'arrêté du 22 juillet 2020. Dans la seconde voie, l'arrêté prévoit qu'en l'absence de sous-sol, une dalle sur vide sanitaire est construite. Dans la première, c'est l'étude qui fixe la solution du plancher bas.

Dalle portée ou dallage, quelle différence ?

Le dallage repose sur une couche de forme compactée et suit les mouvements du sol. La dalle portée, ou plancher porté, s'appuie sur les fondations et laisse un vide entre elle et le terrain. Sur sol argileux, l'Agence Qualité Construction conseille de préférer le plancher sur vide sanitaire.

Quelle hauteur pour un vide sanitaire ?

Aucune valeur unique n'est donnée par les sources consultées. Sur sol sensible, le guide de l'Ifsttar et du CSTB (2017) demande un vide sanitaire largement dimensionné pour qu'un gonflement du sol ne puisse le combler : sa hauteur se déduit donc de l'étude de sol.

Peut-on construire une maison sans vide sanitaire ?

Oui, sur un terrain apte à recevoir un dallage selon l'étude de sol de conception, comme le rappelle l'AQC, ou avec un sous-sol. En zone argileuse moyenne ou forte, la voie des techniques particulières prévoit la dalle sur vide sanitaire en l'absence de sous-sol ; un dallage n'y est possible que si l'étude de conception le justifie.

Le vide sanitaire protège-t-il du radon ?

Seulement s'il est bien ventilé. L'AQC a constaté des vides sanitaires sans arrivée d'air suffisante, où le radon s'accumule et ne protège plus les occupants ; elle recommande alors de créer ou d'agrandir les ouvertures, voire d'installer un extracteur.

Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

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