Aller au contenu

Guide · Technique

Fondations superficielles : semelles et radier

La majorité des maisons reposent sur des semelles. Simples en apparence, elles demandent une couche d'assise homogène, une profondeur suffisante et une exécution soignée.

Lecture : 2 minMis à jour le 9 octobre 2026

Les trois formes

  • Semelle filante : une bande continue sous les murs porteurs. La plus courante en maison individuelle.
  • Semelle isolée : un massif sous un poteau.
  • Radier : une dalle épaisse sous toute l’emprise, qui répartit les charges.

La profondeur d’assise

Une semelle doit être posée :

  1. sur une couche porteuse, en place, sans terre végétale ni remblai ;
  2. hors gel, à une profondeur qui dépend de l’altitude et du climat local ;
  3. hors de la zone sensible à la sécheresse en terrain argileux : au moins 0,80 m en exposition moyenne et 1,20 m en exposition forte, selon les techniques particulières réglementaires ;
  4. de façon homogène sur toute la maison.

Portance et tassements

L’étude géotechnique fournit la contrainte que le sol peut supporter et les tassements attendus. Le bureau d’études structure en déduit la largeur des semelles. Les deux vérifications comptent : une semelle peut être stable mais tasser trop, surtout si le sol varie sous la maison.

Le dallage

Sur terre-plein, le dallage repose sur un remblai compacté ; sur argile, il suit ses mouvements. Un plancher porté sur vide sanitaire l’en affranchit.

Les erreurs fréquentes sur le chantier

  • Laisser un fond de fouille sécher au soleil ou se remplir d’eau avant le coulage.
  • Fonder une partie de la maison sur un remblai ou une poche molle non purgée.
  • Changer de niveau d’assise sans redan ni avis.
  • Couler sans réception du fond de fouille par le géotechnicien sur un terrain douteux.

Pour aller plus loin : les types de fondations, construire sur sol argileux.

Vérifier les hypothèses avant de retenir des semelles

Une semelle n’est pas choisie seulement parce que le terrain est qualifié de « bon sol ». Les charges, le modèle géotechnique, les tassements et les dispositions constructives doivent être cohérents avec l’ouvrage. Un sol décrit au sondage voisin ne suffit pas à arrêter la solution du projet.

À l’ouverture des fouilles, une couche différente, des remblais ou de l’eau doivent être signalés aux intervenants compétents avant de poursuivre les travaux concernés. Les rôles d’exécution et de supervision se préparent au contrat ; aucun contrôle visuel isolé ne remplace ces missions.

Lire la G2 PRO, la G3 et la G4. Soumettre le rapport et les plans pour préciser les suites géotechniques.

Rédaction Solintek. Mise à jour le 9 octobre 2026.

Sources et références :

  • NF P 94-261, justification des fondations superficielles (Eurocode 7)
  • NF DTU 13.11, fondations superficielles
  • Arrêté du 22 juillet 2020 relatif aux techniques particulières de construction

Fondations

La semelle filante, en coupe

Une semelle filante reporte la charge d’un mur sur le sol porteur. Sa largeur et sa profondeur se déduisent de l’étude de sol.

Coupe d’une semelle filante sous un mur porteur Coupe d’une fondation superficielle : un mur porteur repose sur une semelle filante en béton armé de largeur B, posée sur un béton de propreté à la profondeur D sous le terrain naturel, hors gel et dans le sol porteur reconnu par l’étude. La charge du mur se diffuse sous la semelle ; les contraintes dans le sol décroissent avec la profondeur, ce que montrent les lignes d’égale contrainte. © Solintek, schéma original. Terre végétale Limon Sable compact (sol porteur) lignes d’égale contrainte dallage intérieur charge du mur TN D, hors gel B 12345 REPÈRES 1 Mur de soubassement 2 Semelle filante armée 3 Béton de propreté 4 Assise sur le sol porteur reconnu 5 Diffusion de la charge CE QUE L’ÉTUDE VÉRIFIE Portance : la charge reste inférieure à la résistance du sol, avec les coefficients de sécurité. Tassement : compatible avec la structure, et homogène. Profondeur : hors gel, sous la tranche sensible à l’eau. © Solintek
Schéma de principe Coupe d’une fondation superficielle : un mur porteur repose sur une semelle filante en béton armé de largeur B, posée sur un béton de propreté à la profondeur D sous le terrain naturel, hors gel et dans le sol porteur reconnu par l’étude. La charge du mur se diffuse sous la semelle ; les contraintes dans le sol décroissent avec la profondeur, ce que montrent les lignes d’égale contrainte. © Solintek, schéma original.

Calcul

Ce que vérifie l’Eurocode 7

Deux vérifications pour une fondation : la portance, avec des charges majorées et une résistance réduite, et le tassement, qui doit rester admissible.

Vérifier une fondation selon l’Eurocode 7 : charges pondérées et résistance du sol À gauche, une semelle chargée par les actions permanentes Gk (poids de l’ouvrage) et variables Qk (exploitation, neige), et la réaction du sol sous la semelle. À droite, les deux vérifications de l’Eurocode 7. À l’état limite ultime, la charge de calcul, obtenue en majorant les actions par des coefficients partiels, ici 1,35 et 1,5, doit rester inférieure à la résistance de calcul du sol, c’est-à-dire sa résistance caractéristique divisée par un coefficient partiel. À l’état limite de service, le tassement calculé doit rester admissible pour l’ouvrage. En France, la norme d’application NF P 94-261 fixe la méthode et les coefficients pour les fondations superficielles. © Solintek, schéma original. Gk Qk poids de l’ouvrage exploitation, neige R réaction du sol tassement s ÉTAT LIMITE ULTIME : PORTANCE Vd = 1,35 · Gk + 1,5 · Qk Rd = Rk / γR Vd ≤ Rd la charge de calcul reste sous la résistance de calcul du sol ÉTAT LIMITE DE SERVICE : TASSEMENT s ≤ s admissible Rk : résistance caractéristique tirée des essais (au pressiomètre, la pression limite nette pl*). γR : coefficient partiel sur la résistance. Méthode et coefficients en France : NF P 94-261 (fondations superficielles), avec la NF EN 1990. © Solintek
Schéma de principe À gauche, une semelle chargée par les actions permanentes Gk (poids de l’ouvrage) et variables Qk (exploitation, neige), et la réaction du sol sous la semelle. À droite, les deux vérifications de l’Eurocode 7. À l’état limite ultime, la charge de calcul, obtenue en majorant les actions par des coefficients partiels, ici 1,35 et 1,5, doit rester inférieure à la résistance de calcul du sol, c’est-à-dire sa résistance caractéristique divisée par un coefficient partiel. À l’état limite de service, le tassement calculé doit rester admissible pour l’ouvrage. En France, la norme d’application NF P 94-261 fixe la méthode et les coefficients pour les fondations superficielles. © Solintek, schéma original.

Questions fréquentes

Quelle profondeur pour une semelle filante ?

Au moins la profondeur hors gel locale, et en zone argileuse au moins 0,80 m en exposition moyenne et 1,20 m en exposition forte selon les techniques particulières réglementaires, sauf étude de conception qui fixe une autre valeur.

Semelle filante ou radier ?

La semelle convient quand un sol porteur est proche ; le radier quand le sol est médiocre mais homogène, ou que les charges doivent être réparties sur toute la surface.

Quelle norme pour les fondations superficielles ?

La norme NF P 94-261 pour leur justification géotechnique selon l'Eurocode 7, et le NF DTU 13.11 pour leur exécution.

Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

Vos préférences de confidentialité

Vous pouvez autoriser des outils facultatifs pour nous aider à améliorer le site. Votre choix ne change pas l’accès aux services.

Aucune finalité publicitaire n’est activée par ces choix. Vous pouvez les retirer à tout moment avec « Préférences de confidentialité » en bas du site. En savoir plus.

↑ ↓ pour choisir, Entrée pour ouvrir, Échap pour fermer