Le guide de l’Ifsttar sur les désordres dus à la sécheresse (2017) décrit le radier comme une dalle de béton armé qui couvre toute la surface du bâtiment et lui sert de fondation, souvent construite sur un lit de pierres concassées. L’Agence Qualité Construction (AQC) le présente comme une fondation superficielle peu profonde, couvrant l’ensemble de la construction, qui supporte l’ouvrage et en assure la liaison avec le sol. Le résumé public du NF DTU 13.1 range d’ailleurs les « radiers généraux » parmi les fondations superficielles qu’il couvre, avec les semelles.
Ce guide traite du radier de fondation d’un bâtiment ou d’un bassin. Pour les semelles, voir la semelle filante et le guide des fondations superficielles.
Radier, dallage, dalle portée : trois ouvrages différents
Les trois se ressemblent une fois coulés. Ils ne travaillent pas de la même façon.
| Ouvrage | Ce qu’il porte | Référence citée par les sources |
|---|---|---|
| Radier général | Les murs, poteaux et planchers de tout l’ouvrage, qu’il reporte sur le sol par toute sa surface | NF DTU 13.1, fondations superficielles |
| Dallage sur terre-plein | Les charges posées dessus, transmises en appui continu à une couche de forme | NF DTU 13.3, dont une partie est consacrée aux maisons individuelles |
| Dalle portée, plancher sur vide sanitaire | Le sol du rez-de-chaussée, porté par les fondations, sans contact avec le terrain | Choix comparé dans vide sanitaire ou dallage |
Selon la fiche A.06 de l’AQC, détaillée dans vide sanitaire ou dallage, le dallage suit le mouvement dès que le sol ou sa forme faiblit. Un radier repose lui aussi sur le sol, mais il porte l’ouvrage : c’est une fondation.
Quand on le choisit
Sur un sol mou, un remblai, un sol qui tasse de façon inégale
Selon l’Ifsttar, le radier répartit les charges de la fondation et peut contribuer à réduire la distorsion de la maçonnerie quand le sol bouge de façon différentielle. C’est pourquoi il est employé couramment sur les sols mous, les remblais et dans les zones d’affaissements miniers.
La contrepartie est économique. Le même guide le juge plus onéreux que des semelles filantes, même profondes, et peu utilisé en pratique pour les maisons individuelles. Quand un sol porteur existe un peu plus bas, des puits ou des plots reliés par des longrines vont le chercher sans couler une dalle sous toute la surface.
Sous une piscine
Un bassin traditionnel en béton se compose d’un radier et de parois. La fiche B.14 de l’AQC (2026) sur les piscines privatives relève :
- une fissuration possible du radier comme des parois, par défaut de conception, de calcul ou d’exécution ;
- des tassements d’ensemble dus à une mauvaise prise en compte du sol : argile compressible, remblais disparates, points durs, terrains remaniés, et en particulier des remblais mal compactés sur un terrain en pente ;
- sous l’effet d’une nappe qui fluctue, des poussées du bas vers le haut capables de soulever le bassin, parfois de plusieurs dizaines de centimètres, d’où la nécessité de dimensionner l’ouvrage en conséquence et de prévoir des puits de décompression ou un drainage ; vider le bassin aggrave ce risque.
Parmi ses recommandations essentielles : faire réaliser impérativement une étude géotechnique G2, puis contrôler le tassement et l’étanchéité à la mise en eau. Voir l’étude de sol pour une piscine.
Pour un ouvrage enterré sous le niveau de l’eau
Un ou plusieurs niveaux de sous-sol peuvent se retrouver sous le niveau d’une nappe ou d’une crue. La fiche de l’AQC sur le cuvelage (2025) demande alors une étude hydrogéologique pour déterminer les niveaux d’eau, afin de dimensionner la fondation, le plancher bas et les murs enterrés face aux pressions de l’eau, et une étude géotechnique G2 au stade du projet pour choisir la nature de ces ouvrages. Le fond de l’ouvrage, radier ou plancher bas, en fait partie. Voir l’étude hydrogéologique et construire un sous-sol face à la nappe.
Ses limites
Sur argile. L’Ifsttar indique que l’application du radier à la construction sur les argiles sujettes au retrait-gonflement est limitée. L’AQC rappelle pourquoi le sol bouge de façon inégale sous une maison : le bâtiment fait écran à l’évaporation, si bien que des efforts différentiels importants apparaissent entre le centre et la périphérie, et entre une façade exposée au sud et une façade au nord. Or le radier est, pour l’AQC, une fondation peu profonde : il repose directement sur ce sol.
Pour une maison neuve en zone d’exposition moyenne ou forte, le constructeur choisit, selon le guide du ministère (septembre 2025), entre une étude de conception et les techniques particulières de l’arrêté du 22 juillet 2020. Ces dernières, détaillées dans la semelle filante, ne nomment pas le radier et prévoient qu’« en l’absence de sous-sol, la construction d’une dalle sur vide sanitaire est prévue ». Une maison sans sous-sol fondée sur un radier sort donc de cette voie : elle relève de l’étude de conception, qui doit justifier ce choix. Le détail des règles est dans construire sur sol argileux.
Sous la nappe. Un radier situé sous le niveau de l’eau subit une poussée vers le haut. La fiche B.14 de l’AQC montre ce qu’elle peut faire à une piscine vidée ; la fiche sur le cuvelage demande de dimensionner les ouvrages en conséquence. Le niveau de l’eau à retenir, et ses variations, se mesurent : ils ne se supposent pas.
Le gel et l’exécution. Un radier reste une fondation : le tutoriel de l’AQC sur sa réalisation compte la mise hors gel parmi ses étapes, avec l’implantation, le béton de propreté, le coffrage, le ferraillage et le coulage.
Ce que l’étude de sol vérifie avant un radier
- La nature et l’épaisseur des couches compressibles, et les tassements qu’elles produiront sous la charge répartie, en valeur absolue et d’un point à l’autre.
- L’homogénéité du terrain : remblais, points durs, poches molles, que la fiche B.14 cite parmi les causes de tassement.
- L’eau : profondeur de la nappe, battement saisonnier, risque de crue, qui décident de la poussée sous le radier et des dispositions de drainage ou de décompression.
- La sensibilité des argiles : l’AQC tient pour indispensables des essais en laboratoire (limites d’Atterberg, valeur au bleu, granulométrie, sédimentométrie, essai à l’œdomètre) pour reconnaître le sol et le potentiel de gonflement de toute couche argileuse d’assise.
- La comparaison des solutions : radier, semelles approfondies, puits et longrines, plancher sur vide sanitaire. C’est le rôle de l’étude G2 AVP, avant que la G2 PRO ne justifie la solution retenue.
L’épaisseur du radier, son ferraillage et ses joints relèvent ensuite du bureau d’études structure, à partir de ces données. Les prix de nos études sont sur la page de la G2 AVP.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 23 octobre 2026.
Sources et références :
- Ifsttar, Retrait et gonflement des argiles, guide 3 : analyse et traitement des désordres, 2017
- AFNOR, NF DTU 13.1 P1-1, fondations superficielles, résumé public, septembre 2019
- AFNOR, NF DTU 13.3 P1-1-2, dallages de maisons individuelles, décembre 2021
- Agence Qualité Construction, Les leçons de maçons : fondation sur radier, consulté le 23 octobre 2026
- Agence Qualité Construction, fiche pathologie A.06, affaissement de dallage de maisons individuelles, édition 2026
- Agence Qualité Construction, fiche pathologie B.14, désordres des piscines privatives, édition 2026
- Agence Qualité Construction, fiche maîtrise d'ouvrage professionnelle, le cuvelage, 2025
- Agence Qualité Construction, fiche pathologie A.02, mouvements en sols sensibles, édition 2026
- Arrêté du 22 juillet 2020 relatif aux techniques particulières de construction dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles
- Ministère de la Transition écologique, Mesures de prévention, d'adaptation et de remédiation du phénomène RGA, septembre 2025