Aller au contenu

Guide · Risques

Terrain remblayé : construire sans mauvaise surprise

Un ancien remblai ne se voit pas toujours. Il se révèle au terrassement, ou des années plus tard par des fissures. Le repérer avant d'acheter et le faire reconnaître avant de dessiner les fondations évite l'essentiel des mauvaises surprises.

Lecture : 6 min

Tarière de forage portant du matériau clair, posée sur le sol
Matériau remonté sur une tarière. La photographie ne permet pas de caractériser le sol. Photographie Solintek.

Un remblai est un sol rapporté : terres, matériaux de démolition ou autres matériaux déposés pour combler un creux, niveler une pente ou rehausser un terrain. Son épaisseur et sa composition peuvent changer d’un mètre à l’autre.

Construire dessus est possible. Encore faut-il savoir qu’il est là, jusqu’où il descend et ce qu’il contient.

Pourquoi un remblai fait tasser une maison

L’hétérogénéité. Un remblai d’épaisseur variable porte une maison de façon inégale. Une partie des fondations repose sur le sol en place, une autre sur plusieurs mètres de matériaux rapportés : les deux ne tassent pas pareil, et la maison fissure entre les deux. L’Agence qualité construction (AQC) relève que plus de la moitié des dommages aux fondations superficielles de maisons individuelles observés en France métropolitaine de 2011 à 2021 est liée à des sols hétérogènes et à des sols argileux.

L’eau. L’AQC cite parmi les terrains à risque ceux qui sont sujets au tassement hydromécanique, sols naturels ou remblais qui s’écroulent sur eux-mêmes en cas d’apport d’eau. Elle signale aussi qu’un remblai perméable ou mal compacté, sans imperméabilisation périmétrique, devient un piège à eau le long du soubassement.

Le dallage. Un dallage posé directement sur un remblai suit ses tassements. Les fissures du sol intérieur, au garage ou au rez-de-chaussée, en sont un signe possible : voir notre guide des fissures de maison.

La pollution. Selon son origine, un remblai peut contenir des matériaux pollués. Ce risque se traite à part, avec d’autres spécialistes.

Repérer un remblai avant d’acheter

L’histoire du terrain

Interrogez le vendeur, les voisins et la mairie : ancienne mare, fossé, carrière, décharge, bâtiment démoli. Sur place, une différence de niveau marquée avec les parcelles voisines, un talus sans raison apparente ou des débris de briques et de béton dans la terre doivent alerter.

Les photographies aériennes anciennes

Le service Remonter le temps de l’IGN donne un accès gratuit à des cartes et photographies aériennes anciennes, sur la plupart du territoire. On y compare deux époques côte à côte, des photographies de 1950 à 1965 jusqu’aux vues actuelles. Une mare, une excavation ou un bâtiment disparus entre deux prises de vue sont des indices précieux à transmettre au géotechnicien.

Les anciens sites industriels

Géorisques publie la carte des anciens sites industriels et activités de service, dite CASIAS. Selon sa fiche publiée par le BRGM, elle recense les anciennes activités susceptibles d’être à l’origine d’une pollution des sols, sans préjuger de la pollution effective des sites recensés. Le certificat d’urbanisme indique si le terrain est situé sur un site répertorié sur cette carte (article L. 125-6 du code de l’environnement).

Le même article prévoit les secteurs d’information sur les sols, annexés au plan local d’urbanisme. Un permis de construire dans l’un de ces secteurs comprend, dans les cas prévus par le code de l’environnement, l’attestation d’un bureau d’études certifié dans le domaine des sites et sols pollués (article R. 431-16 du code de l’urbanisme). Notre article sur l’étude de sol et le permis de construire détaille ces pièces.

L’étude du vendeur

En zone d’argiles d’exposition moyenne ou forte, le vendeur d’un terrain à bâtir fournit une étude préalable. Elle comprend une enquête documentaire et une visite du site (arrêté du 22 juillet 2020) : elle peut signaler un remblai. Lisez-la avec notre guide de l’achat d’un terrain.

Ce que l’étude G2 doit vérifier

L’étude de conception, la G2 AVP, doit répondre à quatre questions sur la zone de la future maison.

  1. Où est le remblai ? Les sondages sont répartis sur l’emprise, et non concentrés en un point, parce que l’épaisseur varie.
  2. Quelle épaisseur ? À chaque sondage, la profondeur du sol en place sous le remblai.
  3. De quoi est-il fait ? Nature des matériaux, compacité, présence d’eau. Un essai pénétrométrique aide à mesurer sa compacité.
  4. Sur quoi fonder ? Le niveau d’assise retenu et le type de fondations, justifiés par les coupes de sondages.

Dans le rapport, le remblai apparaît dans les coupes de sondages et dans le modèle géotechnique : notre guide pour lire un rapport G2 montre où le trouver. La G2 PRO dimensionne ensuite les fondations retenues.

La G2 est une étude géotechnique : si le remblai est suspect, la pollution relève d’une étude spécialisée, à ajouter.

Si le remblai apparaît au terrassement, arrêtez et appelez le géotechnicien : en cas de doute technique, l’AQC juge indispensable de contacter les auteurs des études géotechnique et de structure. Elle recommande aussi une visite du fond de fouille au démarrage du chantier, avec le maître d’œuvre, le maçon, le géotechnicien et le contrôleur technique, et, si le fond de fouille est douteux, d’approfondir l’ancrage des fondations, sauf avis contraire de l’étude de sol.

Les solutions de principe

La règle de base est donnée par l’AQC : sur un site remblayé, les fondations doivent être ancrées dans les terrains naturels non remaniés, sauf remblais spécifiquement conçus et contrôlés pour les recevoir.

  • La purge. Quand le remblai est mince, on l’enlève sous l’emprise et l’on fonde sur le sol en place, éventuellement avec un gros béton de rattrapage. Voir notre guide du terrassement.
  • Les fondations approfondies. Semelles ou puits descendus jusqu’au sol en place, sur toute l’emprise, pour une assise homogène.
  • Les fondations profondes. Quand le remblai est épais, pieux ou micropieux le traversent jusqu’à une couche porteuse. Le remblai qui tasse peut alors charger les pieux par frottement négatif, ce que le calcul doit intégrer : voir notre guide des fondations profondes.
  • L’amélioration du sol. Certaines techniques, comme les colonnes ballastées, renforcent un sol compressible sous des charges réparties : voir l’amélioration et le renforcement des sols.

Le plancher bas suit la même logique : un plancher porté par les fondations, sur vide sanitaire, ne dépend pas du remblai, contrairement à un dallage sur terre-plein. Le coût dépend du terrain réel ; pour celui de l’étude, voir nos prix de la G2 AVP.

Terrain remblayé et loi ELAN

Les obligations de la loi ELAN dépendent de l’exposition aux argiles, pas de la présence d’un remblai. Un terrain remblayé hors des zones d’exposition moyenne ou forte n’a pas, au titre de cette loi, d’étude préalable obligatoire à la vente. Le risque, lui, demeure : une étude commandée par l’acheteur reste utile.

Deux points du code de la construction et de l’habitation le concernent directement :

  • l’étude préalable est valable trente ans si aucun remaniement du sol n’a été effectué (article R. 132-6). Le texte ne définit pas le remaniement : signalez au géotechnicien tout apport de remblai postérieur à l’étude ;
  • l’étude de conception n’est valable que pour le projet en vue duquel elle a été réalisée (même article).

Les techniques particulières de construction, alternative réglementaire à l’étude de conception en zone d’argiles, fixent une profondeur minimale d’ancrage. Sur un remblai, cette profondeur ne dit pas où se trouve le sol en place : seule une reconnaissance le dit. Notre guide de la loi ELAN détaille ce dispositif.

Remblai découvert après l’achat

Les questions d’information du vendeur et de garanties relèvent du notaire, de l’ADIL ou d’un avocat, pas du géotechnicien. Conservez les photographies, les dates, l’acte de vente et les études. Sur le plan technique, faites compléter l’étude de sol avant de poursuivre les travaux.

Questions fréquentes

Peut-on construire sur un terrain remblayé ?

Oui, à condition de savoir où se trouve le sol en place sous le remblai et de fonder la maison en conséquence. L'Agence qualité construction recommande d'ancrer les fondations dans le terrain naturel non remanié, sauf remblai conçu et contrôlé pour les recevoir.

Comment savoir si mon terrain a été remblayé ?

Croisez trois sources : l'histoire du terrain auprès du vendeur, des voisins et de la mairie ; les photographies aériennes anciennes de l'IGN ; et, pour un ancien site d'activité, la carte des anciens sites industriels sur Géorisques. Seuls des sondages donnent l'épaisseur et la nature du remblai.

L'étude G1 du vendeur suffit-elle sur un terrain remblayé ?

Non. L'étude préalable identifie les risques à un premier niveau. L'épaisseur du remblai sous la future maison et le choix des fondations relèvent de l'étude de conception, la G2.

Un remblai est-il forcément pollué ?

Non, mais il peut l'être selon son origine. La carte des anciens sites industriels signale une activité passée, pas une pollution constatée. Une étude de pollution relève d'un bureau d'études spécialisé dans les sites et sols pollués.

Une étude de sol à préparer ?

Le simulateur donne une fourchette indicative en quelques minutes. Le devis ferme est établi après lecture de votre dossier (plans, adresse, projet).

Vos préférences de confidentialité

Vous pouvez autoriser des outils facultatifs pour nous aider à améliorer le site. Votre choix ne change pas l’accès aux services.

Aucune finalité publicitaire n’est activée par ces choix. Vous pouvez les retirer à tout moment avec « Préférences de confidentialité » en bas du site. En savoir plus.

↑ ↓ pour choisir, Entrée pour ouvrir, Échap pour fermer