Les quatre questions avant de creuser
- De quoi est fait le sol ? Sable, limon, argile, craie, roche : la tenue des parois et l’outil de terrassement en dépendent.
- Les parois tiendront-elles ? Pente de talus admissible, ou blindage dans les tranchées étroites et profondes.
- Y a-t-il de l’eau ? Venues d’eau, nappe, ruissellement : pompage, phasage, drainage.
- Que faire des terres ? Réemploi en remblai, traitement, ou évacuation.
La classification des sols
Les terrassements s’appuient sur la classification des matériaux et sur le Guide des terrassements des remblais et des couches de forme (GTR). La version et le référentiel retenus doivent être précisés au marché. Elle range les sols par granulométrie, argilosité et état hydrique. Une même argile peut être réutilisable par temps sec et inutilisable après une semaine de pluie.
Talus et blindage
Une fouille ouverte modifie l’équilibre du terrain. La tenue dépend de sa nature, de l’eau, des charges voisines et du temps d’ouverture. L’article R. 4534-24 impose blindage, étrésillonnement ou étaiement pour les tranchées de plus de 1,30 m, de largeur au plus égale aux deux tiers de la profondeur, lorsque les parois sont verticales ou sensiblement verticales. Les autres fouilles doivent également prévenir les éboulements : le seuil ne définit pas une profondeur sans risque.
Compactage
Un remblai mal compacté tasse sous un dallage, une voie ou une canalisation. Le compactage se fait par couches, avec un matériau adapté et à la bonne teneur en eau, et se contrôle (essais à la plaque, densités).
Pour aller plus loin : l’étude de VRD, le terrain en pente.
Construire sur un remblai : ce qu’il faut reconnaître
Un remblai n’est pas une couche homogène par définition. Recherchez l’historique du site, son épaisseur, les matériaux présents, les variations sous l’emprise et le terrain qui le porte. Les anciens terrassements et réseaux sont utiles à signaler même lorsque la surface paraît plane.
Le programme peut combiner sondages, prélèvements, essais et contrôles, selon la question à résoudre. La présence de remblais ne prouve pas une pollution, et une étude géotechnique ne remplace pas un diagnostic environnemental. Le programme d’investigations aide à comparer les périmètres proposés.
Argile, limon, marne : éviter les recettes par nom de sol
| Matériau rencontré | Point à examiner |
|---|---|
| Sol argileux | Sensibilité à l’eau, plasticité, déformations et dispositions contre le RGA |
| Sol limoneux | État hydrique, tenue des fouilles, aptitude au réemploi et au compactage |
| Sol marneux | Altération, proportion d’argile, fissuration et comportement réel sous les charges |
Le nom géologique ne fixe ni la profondeur des fondations ni la pente d’un talus. Ce sont les reconnaissances et l’analyse de l’ouvrage qui permettent de retenir des hypothèses. Sources : Cerema, GTR et principes de terrassement, Code du travail, fouilles. Pour un dallage industriel, préparer aussi les données de phase PRO.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 10 octobre 2026.
Sources et références :