Sur une maison existante, on ne commande pas « une étude de sol » en général. On commande la mission qui répond à sa question : pourquoi la maison fissure, sur quoi elle repose, comment fonder ce qu’on lui ajoute. Ce guide aide à choisir, puis renvoie vers la page de chaque mission.
Une obligation seulement dans certains cas
La maison existante n’appelle pas d’étude du seul fait qu’elle existe. Les règles de prévention des sols argileux, aux articles L. 132-4 à L. 132-9 du code de la construction et de l’habitation, visent deux situations : la vente d’un terrain non bâti constructible et les contrats de construction d’un bâtiment de deux logements au plus, en zone d’exposition moyenne ou forte (Légifrance).
Une extension entre dans ces contrats. L’article R. 132-7 en écarte deux catégories : les travaux qui n’affectent ni les fondations, ni la structure, ni l’écoulement des eaux, ni les échanges thermiques avec le terrain ; et les extensions, vérandas et garages de moins de 20 m² désolidarisés du bâtiment existant. Le guide de la loi ELAN détaille ces règles. Hors de ce cadre, l’étude reste un choix, souvent dicté par un désordre, un projet ou un achat.
La bonne mission, situation par situation
| Situation | Question posée | Mission adaptée |
|---|---|---|
| Fissures qui apparaissent ou s’ouvrent | Le sol et les fondations expliquent-ils les désordres ? | Diagnostic G5, après lecture des fissures |
| Achat d’une maison | Sur quoi repose-t-elle, les fissures sont-elles graves ? | Diagnostic des fondations existantes, ou G5 si fissures |
| Extension accolée | Comment fonder la partie neuve sans fissure à la jonction ? | Étude de sol pour extension, avec reconnaissance des fondations existantes |
| Surélévation, changement d’usage | Les fondations portent-elles la charge ajoutée ? | Diagnostic des fondations existantes, avec un bureau de structure |
| Piscine enterrée | Argile, nappe, pente ou remblai autour de la cuve ? | Étude de sol pour piscine |
| Travaux de reprise annoncés | Quelle cause, quelle reprise, sur quel sol ? | Diagnostic G5, puis étude de conception de la reprise |
Fissures : le diagnostic G5
Dans la norme NF P 94-500, la G5 est le diagnostic géotechnique d’un ouvrage existant. Pour une maison qui fissure, il croise le relevé des désordres, l’historique (date d’apparition, sécheresses, fuites, arbres, travaux), des fouilles au pied des murs et des sondages autour. Il en déduit le mécanisme probable et des pistes de confortement.
Avant de le commander, suivez les fissures quelques semaines : photos datées, repères, relevés après chaque épisode sec ou pluvieux. Ne les rebouchez pas. Le guide des fissures donne la méthode, et le guide du sinistre sécheresse les démarches auprès de l’assurance.
Avant d’acheter
Un acheteur ne connaît ni les plans d’origine ni ce qui a été construit. Le diagnostic des fondations existantes dit sur quoi repose la maison : nature, profondeur et état de la fondation aux points examinés, sol en dessous. Si la maison est fissurée, la question devient celle de la cause, et le G5 prend le relais. Le diagnostic suppose l’accord du vendeur, puisqu’il se fait sur sa parcelle.
Le guide acheter une maison fissurée traite les documents à exiger, la condition suspensive et les recours.
Extension ou surélévation
Une extension pose surtout la question de la jonction : la partie neuve et la maison doivent se comporter sans mouvement relatif qui fissurerait leur liaison. L’étude fixe les fondations de l’extension en tenant compte de celles de la maison, ce qui suppose une fouille au pied du mur existant. Le guide des obligations pour une extension examine les cas limites.
Une surélévation ne touche pas au sol, mais elle charge les fondations existantes. On commence par les connaître : c’est le diagnostic des fondations, à coordonner avec le bureau de structure qui vérifie murs et planchers. Le même raisonnement vaut pour un changement d’usage qui ajoute des charges.
Piscine, terrasse, abri
Aucun texte n’impose en règle générale une étude de sol pour une piscine privée. Une piscine enterrée reste une cuve posée dans le sol, sensible à l’argile, à la nappe, à la pente et aux remblais : la page de l’étude pour piscine décrit ce que l’étude vérifie. Pour un abri ou une véranda accolés, vérifiez d’abord la surface et la désolidarisation au sens de l’article R. 132-7.
Travaux de reprise
Une reprise en sous-œuvre (micropieux, plots, injections) ne se choisit pas sur un devis seul. Elle se conçoit à partir de ce que le diagnostic a trouvé : la cause des désordres, la profondeur du sol porteur, l’eau. Le diagnostic G5 vient donc d’abord, puis une étude de conception dimensionne la reprise. L’article sur les reprises en sous-œuvre décrit les techniques.
Ce que l’étude apporte, et ce qu’elle ne fait pas
Elle apporte :
- la nature, la profondeur et l’état des fondations aux points fouillés ;
- la coupe du sol sous ces fondations, et la présence d’eau ou de racines ;
- le mécanisme probable des désordres, quand il y en a ;
- des recommandations pour le projet ou la réparation.
Elle ne fait pas :
- d’investigation sous la maison elle-même : les observations sont faites à son pied, en points représentatifs ;
- le calcul de la structure : murs, planchers et charpente relèvent d’un bureau de structure ;
- le devis des travaux, qui revient aux entreprises ;
- l’expertise d’assurance ni le partage des responsabilités ;
- la conception d’une extension : le diagnostic de l’existant la complète, il ne la remplace pas.
Préparer la demande
Rassemblez ce qui existe : adresse, plans même anciens, photos datées des fissures, date d’achat et de construction, travaux réalisés, anciens rapports, sinistres déclarés, projet envisagé avec ses plans. Le dossier de demande d’estimation liste les pièces utiles. Les fourchettes de prix sont publiées pour le diagnostic G5 et le diagnostic des fondations existantes. Vous pouvez ensuite décrire votre situation pour cadrer la mission.
Pour aller plus loin : vendre une maison : l’étude de sol est-elle obligatoire ?, les fondations sur sol argileux.
Rédaction Solintek.
Sources et références :
- Norme NF P 94-500 (novembre 2013), missions G2 et G5
- Code de la construction et de l'habitation, articles L. 132-4 à L. 132-9
- Code de la construction et de l'habitation, articles R. 132-6 et R. 132-7