« Analyse de sol » recouvre trois prestations qui ne répondent pas à la même question. L’analyse de terre dit ce que le sol apporte aux plantes. Le diagnostic de pollution dit si le sol est compatible avec l’usage prévu. L’étude géotechnique dit comment le sol porte un ouvrage. Pour construire, acheter un terrain à bâtir ou comprendre des fissures, c’est la troisième : une analyse de terre, même complète, ne dit rien des fondations.
Trois prestations sous le même mot
| Analyse de terre | Diagnostic de pollution | Étude géotechnique | |
|---|---|---|---|
| La question | Que manque-t-il au sol pour cultiver ? | Le sol contient-il des polluants incompatibles avec l’usage prévu ? | Le sol peut-il porter l’ouvrage, et comment le fonder ? |
| Qui la réalise | Un laboratoire d’analyses de terre | Un bureau d’études en sites et sols pollués | Un bureau d’études géotechniques |
| Le référentiel | Méthodes de l’arrêté du 12 juillet 2000 modifié | Série de normes NF X31-620 | Norme NF P 94-500 |
| Ce que l’on reçoit | Des résultats de laboratoire sur un échantillon de terre | Un rapport d’études, des mesures de gestion, une attestation si elle est exigée | Un rapport : modèle géologique, risques, principes ou choix de fondation |
L’analyse de terre : pour le jardin et les cultures
L’arrêté du 12 juillet 2000 modifié, qui encadre l’agrément des laboratoires d’analyses de terre, liste les déterminations par type d’agrément. La base, dite physico-chimie, comprend notamment le pH, le calcaire, le phosphore assimilable, le potassium, le carbone organique, l’azote total et la capacité d’échange cationique. D’autres agréments ajoutent la granulométrie (argile, limons, sables), les oligo-éléments, les éléments traces métalliques ou les reliquats azotés. Un arrêté publie chaque année la liste des laboratoires agréés : celui du 19 décembre 2025 vaut pour 2026.
C’est l’analyse utile pour amender un potager, raisonner une fertilisation ou comprendre une terre lourde. Elle ne sert pas à construire. Elle décrit l’échantillon prélevé, pas les couches qui porteront la maison. Or, pour le retrait-gonflement des argiles, Géorisques cite comme facteurs la proportion de matériaux argileux de la formation, la proportion de minéraux argileux favorables au phénomène, sa profondeur et son épaisseur. Ces données viennent de sondages et d’essais géotechniques : voir les limites d’Atterberg, la classification GTR et l’essai œdométrique. De même, une teneur en plomb mesurée sur un échantillon ne remplace pas un diagnostic de pollution, qui part de l’histoire du site et de l’usage prévu.
Le diagnostic de pollution : l’histoire du site et l’usage prévu
La question n’est pas « le sol est-il propre ? » mais « est-il compatible avec ce que l’on va en faire ? ». Le ministère chargé de l’environnement fonde la gestion des sites pollués sur la gestion des risques suivant l’usage des milieux.
Le référentiel. Les prestations relèvent de la série de normes NF X31-620, « prestations de services relatives aux sites et sols pollués », dont les parties en vigueur datent de décembre 2021 ; la partie 2 vise les études, la partie 5 les attestations de prise en compte de la pollution dans les projets de construction. Selon le ministère, la certification réglementaire, encadrée par l’arrêté du 9 février 2022, est obligatoire pour émettre les attestations prévues par les lois ALUR et ASAP.
Quand une étude est exigée. Pour un projet situé dans un secteur d’information sur les sols (SIS), dans les cas et conditions de l’article L. 556-2 du code de l’environnement, la demande de permis de construire comprend une attestation d’un bureau d’études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, qui garantit la réalisation d’une étude de sols et sa prise en compte dans la conception du projet (article R. 431-16 du code de l’urbanisme). Le ministère cite aussi, pour cette attestation, les terrains d’anciennes installations classées réhabilitées ou dont l’exploitant a disparu. À la vente ou à la location d’un terrain situé dans un SIS, le vendeur ou le bailleur doit en informer par écrit l’acquéreur ou le locataire (article L. 125-7 du code de l’environnement, cité par Géorisques).
Ce que dit Géorisques. Le portail range l’information en trois catégories : la carte des anciens sites industriels et activités de service (CASIAS), qui recense par exemple d’anciennes blanchisseries, stations-service ou garages ; les sites suivis par l’administration pour une pollution suspectée ou avérée ; les secteurs d’information sur les sols et les servitudes. Deux précisions du même portail évitent les contresens : l’inscription d’un site à la CASIAS ne préjuge pas de la présence d’une pollution, et la localisation dans un SIS ne préjuge pas d’un danger, le risque étant apprécié selon l’usage futur.
Le diagnostic de pollution est un autre métier que la géotechnique. Sur une ancienne friche, les deux études peuvent être nécessaires : l’une dit ce que le sol contient, l’autre comment il porte l’ouvrage.
L’étude géotechnique : le sol sous un ouvrage
C’est ce que l’on appelle couramment l’étude de sol. La norme NF P 94-500 en définit les missions, de la G1 à la G5. Selon Géorisques, l’étude préalable identifie une première fois les risques géotechniques d’un site et fournit un modèle géologique préliminaire, les principales caractéristiques géotechniques et les principes généraux de construction ; l’étude de conception adapte ensuite les fondations au projet. Elles reposent sur des sondages et des essais en place et en laboratoire.
En zone d’exposition moyenne ou forte aux argiles, la loi en impose une à la vente d’un terrain à bâtir et une autre, ou des techniques particulières, avant de construire : voir la loi ELAN et l’étude G1 à la vente. Pour lire le rapport remis : lire un rapport G1.
Un cas à part : la perméabilité du sol, que l’on mesure pour un assainissement non collectif ou l’infiltration des eaux de pluie. C’est un essai en place, ni agronomique ni chimique : voir le test de perméabilité.
Connaître la nature de son sol avant une étude
La carte géologique. La carte géologique de la France à 1/50 000 compte 1 060 cartes qui couvrent tout le territoire ; elle synthétise la nature, la géométrie et l’âge des terrains, selon le BRGM. Au 29 octobre 2026, le portail InfoTerre, qui la diffusait en ligne avec ses notices et la Banque du sous-sol, est fermé : le BRGM l’a coupé à titre préventif le 21 octobre 2026, à la demande de l’ANSSI, et annonce une version bêta du nouveau site pour fin décembre 2026, calendrier susceptible d’évoluer. En attendant, il renvoie aux cartes papier de sa boutique, à Géorisques et à ses services cartographiques WMS et WFS.
Géorisques. Le rapport à l’adresse donne les risques connus : argiles, cavités, mouvements de terrain, sols pollués ; le guide lire Géorisques montre où cliquer. Sa carte des argiles est tirée des cartes géologiques au 1/50 000, et Géorisques prévient qu’elle ne peut en aucun cas représenter en tout point l’exacte nature des terrains : des zones argileuses limitées peuvent exister hors des secteurs cartographiés, par exemple en pied de pente, et une parcelle classée argileuse peut ne pas l’être, ce que peuvent montrer des investigations géotechniques.
Ce que l’on sait déjà. Une étude préalable faite à la vente du terrain reste attachée au titre de propriété et suit les ventes successives (article L. 132-5 du code de la construction). Demandez-la au notaire ou au vendeur, comme les études d’un lotissement ou d’une maison voisine.
Ce que montre le terrain. Une pente, un remblai, de l’eau près de la surface, d’anciennes carrières dans le secteur : aucun ne figure sur la carte des argiles. Voir le terrain remblayé, la nappe phréatique et les cavités souterraines.
Ces sources orientent ; elles ne disent pas ce qu’il y a sous votre parcelle. Voir aussi savoir si un terrain est constructible.
Combien coûte une analyse de sol ?
- Analyse de terre et diagnostic de pollution : ce site ne publie pas de prix pour ces prestations ; demandez un devis au laboratoire ou au bureau d’études.
- Étude géotechnique : les repères de Solintek valent chacun dans son cadre. Pour une étude G1 sur un terrain courant, 500 € à 1 500 € HT ; pour une étude de faisabilité avant achat, 600 € à 1 800 € HT. Le détail est sur la page prix des études de sol.
Laquelle demander ?
| Votre situation | La prestation |
|---|---|
| Vous voulez améliorer un potager ou une culture | Une analyse de terre |
| Le terrain a accueilli un garage, une station-service, une blanchisserie, ou il est en SIS | Un diagnostic de pollution, par un bureau d’études en sites et sols pollués |
| Vous vendez ou achetez un terrain à bâtir | Une étude géotechnique préalable (G1), à la charge du vendeur en zone argileuse moyenne ou forte |
| Vous faites construire ou agrandir | Une étude géotechnique de conception (G2) |
| Votre maison se fissure | Un diagnostic géotechnique G5 |
Vous hésitez encore ? Le simulateur oriente vers la mission géotechnique adaptée, et vous pouvez transmettre votre dossier pour qu’il soit lu avant tout devis.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 29 octobre 2026.
Sources et références :
- Arrêté du 12 juillet 2000 modifiant l'agrément des laboratoires d'analyses de terre, annexe en vigueur depuis le 24 février 2017
- Arrêté du 19 décembre 2025 fixant la liste des laboratoires d'analyses de terre agréés pour l'année 2026
- Ministère de la Transition écologique, sites et sols pollués, mis à jour le 28 juillet 2025
- Géorisques, dossier expert sur les sites et sols potentiellement pollués, consulté le 29 octobre 2026
- AFNOR, NF X31-620-2, sites et sols pollués, prestations d'études, d'assistance et de contrôle, décembre 2021
- AFNOR, NF X31-620-5, attestations de prise en compte de la pollution dans les projets, décembre 2021
- Code de l'urbanisme, article R. 431-16, version en vigueur depuis le 17 avril 2026
- Code de la construction et de l'habitation, articles L. 132-4 à L. 132-9
- AFNOR, NF P 94-500, missions d'ingénierie géotechnique, classification et spécifications
- Géorisques, dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles, consulté le 29 octobre 2026
- BRGM, la carte géologique de la France, précurseur du Référentiel géologique de la France
- BRGM, InfoTerre, message de fermeture consulté le 29 octobre 2026