La craie, et ce qu'on y a creusé
Lille se trouve à la charnière de deux sous-sols. Au sud et à l'est de la métropole, la craie est proche de la surface, sous une couverture de limons. Au nord, vers Roubaix et Tourcoing, elle s'enfonce sous les argiles des Flandres, épaisses et gonflantes. La ville elle-même, installée dans la vallée de la Deûle, cumule les deux, avec des alluvions et des remblais dans les secteurs bas et autour des anciens bras d'eau comblés.
La craie a été exploitée en carrières souterraines pendant des siècles pour bâtir la ville. Les catiches, puits verticaux ouverts sur des galeries en forme de bouteille, sont une particularité de la métropole lilloise, très présentes au sud, de Lezennes à Loos. Beaucoup ont été oubliées ; certaines se révèlent par un effondrement, parfois au milieu d'un jardin.
Trente-cinq vides recensés
La base nationale recense 35 cavités à Lille, dont 25 carrières, et trois effondrements ou affaissements. Ce chiffre ne mesure que ce qui est connu : les exploitations anciennes de craie ont rarement laissé de plans complets. La commune est aussi touchée par la sécheresse, avec des arrêtés de catastrophe naturelle en 1990, 1991, 1993 et 2022 : la couverture de limons et d'argile réagit aux étés secs, même au-dessus de la craie.
Catiches, argiles et eau
- Cavités : dans les secteurs de craie peu profonde, une étude doit rechercher les vides. Les méthodes varient : sondages destructifs avec enregistrement des paramètres, géophysique, inspection des puits connus.
- Argiles : dans le nord de la commune et vers la vallée, la sensibilité au retrait-gonflement guide la profondeur des fondations.
- Eau : vallée de la Deûle et nappe de la craie, à connaître pour les sous-sols et pour les infiltrations, qui ne doivent pas se faire au-dessus d'un vide.
- Maisons de ville : le bâti lillois en brique, mitoyen et souvent fondé peu profond, réagit vite à un affaissement localisé.
Chercher les catiches avant de fonder
Avant tout achat de terrain dans un secteur de craie, une G1 qui consulte les inventaires de cavités et les archives de la ville. Avant de construire, une G2 dont le programme d'investigations est adapté au risque de catiche, et, si un vide est trouvé, une étude de traitement : comblement, fondations qui le franchissent, ou déplacement du projet.
Questions fréquentes à Lille
Comment savoir s'il y a une catiche sous mon terrain ? Les inventaires donnent les vides connus, pas les autres. Seule une investigation sur la parcelle, adaptée à la profondeur de la craie, permet de conclure.
Un affaissement dans le jardin est-il forcément une catiche ? Non : une canalisation fuyarde, un ancien puits ou un remblai mal compacté donnent des signes semblables. Il faut sécuriser la zone, puis faire diagnostiquer avant de combler.
Lille dans les bases publiques
- 19 arrêtés de catastrophe naturelle
- 4 dont pour sécheresse
- 35 cavités souterraines recensées dans la base nationale
Source : API Géorisques, base GASPAR pour les arrêtés ; relevé du 2 octobre 2026.
| Retrait-gonflement des argiles | Présent, niveau important |
|---|---|
| Remontée de nappe | Présent |
| Inondation | Présent |
| Mouvements de terrain | Présent, 3 recensés (3 effondrements ou affaissements) |
| Cavités souterraines recensées | 35 (25 carrières, 7 cavités d’origine indéterminée, 2 caves, 1 ouvrage civil) |
| Zone sismique | Zone 2, faible |
| Potentiel radon | Catégorie 1, potentiel faible |
| Arrêtés de catastrophe naturelle | 19, dont 4 pour sécheresse (1990, 1991, 1993, 2022) |
| Ouvrages dans la Banque du sous-sol | 1 000 ou plus dans l’emprise de la commune |
Géorisques et BRGM, 2 octobre 2026. Échelle de la commune : une parcelle se vérifie à son adresse (rapport de Lille). Une base muette ne prouve pas l’absence de risque.