La craie du plateau, la tourbe de la vallée
Amiens associe deux sols très différents. Sur les plateaux, la craie du Bassin parisien affleure sous des limons plus ou moins épais. Dans la vallée de la Somme, où se trouvent le centre ancien, le quartier Saint-Leu et les hortillonnages, les alluvions contiennent des tourbes et des sols organiques très compressibles, gorgés d'eau. Entre les deux, des versants de craie parfois raides.
La craie a été creusée de longue date : carrières souterraines, caves, et ces souterrains-refuges que la Picardie appelle muches, où les villageois se protégeaient pendant les guerres.
Un sous-sol troué et des pentes mobiles
La base nationale recense 39 cavités à Amiens, surtout des carrières, et 14 mouvements de terrain de natures variées : effondrements, glissements, chutes de blocs et une érosion de berge. Elle traduit les trois milieux de la ville : des vides dans la craie du plateau, des versants qui bougent, et des berges de rivière qui s'érodent. En revanche, aucun arrêté pour sécheresse n'a été pris : la craie ne gonfle ni ne se rétracte comme une argile. La tourbe, elle, peut tasser quand la nappe baisse.
Plateau, vallée et versants
- Cavités : sur les plateaux et les versants crayeux, une étude doit rechercher les vides avant de fonder.
- Sols compressibles : dans la vallée, la tourbe tasse sous une charge, parfois pendant des années. Les fondations doivent la traverser pour atteindre un sol porteur, ou le projet doit être conçu pour la supporter.
- Versants : les glissements et chutes de blocs recensés concernent les pentes ; un projet en bord de versant demande une étude de stabilité.
- Berges : près de la Somme et des canaux des hortillonnages, la nappe affleure et les rives s'érodent.
Deux programmes selon le quartier
Sur les plateaux, une G2 avec recherche de cavités. Dans la vallée, une G2 avec sondages jusqu'au substratum, essais en place et essais de compressibilité en laboratoire sur les sols organiques. Voir aussi notre article sur les sols organiques et compressibles.
Questions fréquentes à Amiens
Peut-on construire près des hortillonnages ? Oui, mais sur un sol tourbeux et une nappe affleurante : fondations profondes ou structure légère, et prise en compte des tassements dans le temps.
Qu'est-ce qu'une muche et comment la repérer ? Un souterrain-refuge creusé dans la craie, souvent sous un village ou un bâtiment ancien. Archives, témoignages et investigations ciblées sont les moyens de la localiser.
Amiens dans les bases publiques
- 14 arrêtés de catastrophe naturelle
- 0 dont pour sécheresse
- 39 cavités souterraines recensées dans la base nationale
Source : API Géorisques, base GASPAR pour les arrêtés ; relevé du 2 octobre 2026.
| Retrait-gonflement des argiles | Présent, niveau modéré |
|---|---|
| Remontée de nappe | Présent |
| Inondation | Présent |
| Mouvements de terrain | Présent, 14 recensés (6 effondrements ou affaissements, 4 glissements, 3 chutes de blocs ou éboulements, 1 érosion de berge) |
| Cavités souterraines recensées | 39 (24 carrières, 6 cavités d’origine indéterminée, 6 ouvrages civils, 2 caves, 1 ouvrage militaire) |
| Zone sismique | Zone 1, très faible |
| Potentiel radon | Catégorie 1, potentiel faible |
| Arrêtés de catastrophe naturelle | 14, aucun pour sécheresse |
| Ouvrages dans la Banque du sous-sol | 1 000 ou plus dans l’emprise de la commune |
Géorisques et BRGM, 2 octobre 2026. Échelle de la commune : une parcelle se vérifie à son adresse (rapport de Amiens). Une base muette ne prouve pas l’absence de risque.
Rédaction Solintek. Mise à jour le 29 octobre 2026.